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Souviens toi, la dernière assiette de soupe...

Cet article, au début, je voulais l'écrire pour me souvenir de la scène.

Pour rire, après avoir pris un peu de recul... Une fois le mal de dos passé !

 

Puis finalement, je n'en ai dit un mot.

 

 

Hier soir, rebelote !

Elle nous a fait le coup de "Souviens toi l'assiette de soupe, II " .

Cette fois pas de chute pour Maman, mais une belle victoire de notre éducation positive.

Alors, du coup, j'ai eu envie de te raconter.

 

 

Je te plante le décor...

 

La cuisine.

Un îlot central, de grands tabourets.

Tu vas me dire :

"Ce n'est pas malin de faire manger une bambine sur de grand tabouret, elle peut tomber !"
Je sais, je sais...

Mais tu as oublié que je suis la reine du "jevoisledangerpartoutmaisjemesoigne".


Avant nous mangions à une table mais devant l'insistance de l'Aînée, nous sommes passés à la cuisine. 

Bein ouais, c'est trop bien les tabourets de grands quand tu as 3 ans !

Elle se sentait capable alors pourquoi la freiner ?

Nous l'avons prévenu des dangers, en insistant surtout sur le fait que de tomber de plus d'un mètre quand on l'atteint à peine, bein, ça peut faire mal.

"Ouiiiiiiiimamaaaaaan..." répondait elle d'un ton blasé, aux mille et un rabâchages quotidiens de précaution.


J'ai dû la prévenir des milliaaaaaaaaaaaaaards de fois...

"Attention, ne gigote pas trop. Assis toi plus au milieu, tu vas finir par tomber"

Mais va tenir une gamine de 3 ans statique sur un tabouret qui tourne.

Vas-y, essaye. 

C'est déjà difficile sur un canapé, alors là...

 

 

 

Ce qui devait arriver, arriva...

 

On passait à table.

L'Aînée fut la première à répondre à mon appel.

Elle grimpe sur le tabouret.

Je sers la soupe en prenant soin de reculer son assiette au centre du plateau.

Je rappelle Chéri et en profite pour redonner un bout de carotte à BabyCadet.

Je dis à ma girouette, pour la quinzième fois de la journée, de faire attention et insiste sur la soupe chaude dans les assiettes.

(Nan mais oh, je suis SuperMaman, quand même ! )

 


C'est là que l'action démarre !

Je suis à 70 cm de ma fille, quand mademoiselle bougeotte se met à exceller dans l'art de l'équilibre.

Elle glisse.

En tombant de tout son long, elle tente de se rattraper à mon tabouret mais elle choppe mon assiette de soupe.


Imagine la panique !!!

Je réagis dans la fraction de seconde qui suit en imaginant déjà ma fille rentrer au service des grands brulés.

Je hurle "Chéri viiiiiiiiiiiiiite" en voulant attraper ma fille qui a la main recouverte de soupe, mais au moment où je m'élance, je glisse sur la soupe qui recouvre le sol et m'étale telle un belle crêpe.

Un vole plané mémorable où je finis à plat dos, le coude en vrac à moitié dans la vapes.

Prise par la panique, et ne pensant qu'à ma fille, éventuellement brûler, j'ai dégagé Chéri qui me ramassait, trouvant ma chute bien plus spectaculaireque celle de notre fille. 

Même pas mal SuperMaman !

 
Pliée en deux, j'attrape ,donc, Miss Gafette afin de mettre immédiatement sa main sous l'eau froide et  de la recouvrir de pommade.

Ça donnait :

"laisse couler l'eau ! Aie, Chéri, j'ai mal! Mais laisse-moi faire !AïeAïeAïe... Prend le relais, Chéri, j'ai trop mal. Aïe ! Non, mets lui plein la pommade. J'ai maaaaaaaaaaaaaleuh..."

De gentils mots doux adressés à Chéri de ma part...

 

Finalement, il y a eu plus de peur que je mal. 


L'Aînée n'a rien eut à sa main, ma soupe n'était pas si chaude que ça.

Elle a juste eu très peur... pour moi.

 
Par contre moi, j'ai douillé !!!

Tu vois les douleurs que tu te tapes après un week-end de ski où tu t'es dit que tu allais te lancer dans le snow parce que ça à l'aire trop facile.

Et ben tout pareil !!! 

J'étais courbaturée de partout !

La maille du gilet imprimé au coude, un oeuf à l'arrière de la boîte crânienne et le dos en compote... D'ailleurs, j'ai encore mal...

Je pense qu'avec l'enchaînement des nos remarquables chutes, nous aurions pu remporter les 10 000 Frs de vidéo Gag !

Vraiment !!!

 

 

Revenons à nos moutons de l'éducation.


J'ai eu peur, elle ne m'a pas écouté, j'étais énervée.

J'aurais pu, histoire de soulager mes nerfs, lui donner une fessée et l'envoyer au lit.

J'aurais pu...

Je l'aurais sans doute fait comme le font les "bons" parents qui tiennent leurs gosses.

Mais ça aurait servi à quoi ?

Je me le demande encore...


Elle n'aurait pas pris conscience du danger.

Elle n'aurait pas compris qu'on ne peut pas jouer à l'équilibriste à table et encore moins quand il y a de la soupe.

Elle aurait peut-être arrêté de bouger pendant les autres repas mais seulement par peur de se prendre une nouvelle beigne.


Nous ne voulons pas de ça !

Nous ne voulons pas que nos enfants aient peur de nous, leurs parents, on ne veut pas qu'ils craignent les grands, l'autorité.

Alors on en a parlé. Juste parlé.

On en a conclu qu'elle n'avait pas retenu sa chute mais qu'elle avait été marquée par la mienne.

Elle a eu peur. Très peur pour sa maman.


 

Alors on est reparti dans la répétition de la consigne d'utilisation du tabouret.

On a répété, encore, encore, et encore...

Mais au fond, c'est ça l'éducation, non ?

Une histoire de répétition...

 

 

 

On en vient à l'acte 2.


 
Hier midi, alors que nous lui répétions ENCORE, de ne pas faire la folle, je lui dis :

" Ma fille, souviens-toi, la dernière assiette de soupe !"

Et là, pour qui, pour quoi nous voilà avec Chéri parti dans un délire sur "souviens-toi l'été dernier", l'assiette, l'Aînée, le tabouret, tout ça, quoi...

On se marre comme on peut, hein !

 

 

Vient le temps de mon exploit éducatif.

(Parce que OUI, je suis fière de nous !)

 

Le soir même, on remet le même disque. On rabâche, encore, notre sermon du tabouret.

Notre girouette est toujours en mouvement, toujours...

Quand tout d'un coup !

 

PATATRAC !

 
Elle se casse la binette, en emportant sa crème au chocolat.

Une chute à mettre dans les annales, aussi.

 

Elle ne s'est pas fait mal, rassures-toi.

Elle est tombée, au ralentie, en projetant du chocolat PAR-TOUT.

 
Je t'avoue, qu'en repensant à notre délire du repas précédent avec Chéri, je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire et de sortir un : "Ma fille,souviens-toi la dernière assiette, 2 !"

Rien que d'y repenser, je m'en marre encore !!! 

(Mère indigne, je suis. Pardon...)

 

Ce n'est pas le tout de rigoler, hein !

Il y a du chocolat partout, des parents qui arrivent à peine à parler tellement ils rient et une bambine toute penaude, son yaourt vide à la main.

Et maintenant, il faut reprendre le rôle de parent, le rôle d'éducateur....

 

Notre fou rire ayant dédramatisé la scène, il nous fallait continuer sur cette lancée.

De toute façon c'était foutu pour faire les parents en colère que grondent... Hein.

Et puis elle me faisait mal au coeur, toute penaude qu'elle était.

 

J'ai pris mon air navré et ai juste dit :

"Ben voilà..."

Et l'Aînée qui répond :

"Je sais maman, il faut bien s'asseoir sur le tabouret, tu me le dis tout le temps..."

Je lui demande donc, ce qu'elle va pouvoir faire pour réparer son accident.

"Je vais nettoyer, maman".

Je lui ai filé l'éponge et elle s'est mis à "nettoyer" le chocolat (bon, ça ressemblait plus à un beurrage en règle, mais la volonté était là. Elle n'a que 3 ans et demi.).


Petite exclamation de notre ménagère en herbe qui relance notre fou rire :

"Whaou ! Mais elle est magique cette éponge, elle fait disparaitre le chocolat !"

 
Tout en réparant l'accident, ma fille et moi échangions sur l'intérêt d'écouter ses parents, surtout quand c'est dangereux.


Son doux visage de poupée avait pris une aire grave...

C'est alors qu'elle me dit :

"Maman, je vais aller me coucher, il faut que je réfléchisse à l'accident"

...

Est il nécessaire de te préciser notre surprise !

On était stupéfait de cette réaction !

...

 

Elle a été mettre son pyjama et est monté au lit comme si elle allait jouer au playmo.

Pas de cinéma du couché.

Pas de pipi à répétition, pas de verre d'eau, pas de demande de câlin,... 

Rien.

 

 

Et c'est là, qu'apparaît le résultat de l'éducation positive qui a bluffé Chéri.

 
Au petit déj, notre girouette s'était transformée en petite fille-modèle bien assise sur son tabouret.

Au déj, idem.


Nous avions décidé de ne pas parler de sa chute de la veille.

Après tout ce n'était qu'un accident, et vu sa réaction, elle avait certainement compris l'intérêt de nos rabâchages quotidiens.

D'elle-même, elle nous en a parlé.

Elle m'a attrapé le bras et d'un aire, encore plus sérieux que la veille, m'a dit :

"Tu sais Maman, j'ai bien réfléchi. Tu as raison, c'est dangereux de bouger sur le tabouret. Je peux me faire mal et ça fait peur."

J'ai acquiescé sa remarque et l'ai félicité pour sa réaction puis nous avons repris notre repas sans que j'aie eu besoin de lui dire, ne serait-ce qu'une seule fois, de ne pas gigoter.

 

 

T'imagine ma fierté !



On est resté positif.

 Nous n'avons aucunement souligné une bêtise ou une mauvaise action.

Nous l'avons laissé suivre sa réflection.

Nous l'avons respectée dans son intégrité.

Il n'y a eu ni cris, ni menace, ni fessée.

Seulement une discussion posée qu'elle a elle-même engagée.

 


Un petit pas pour l'Aînée, un grand pas pour l'éducation bienveillante.

 

P1100616.JPG

 

 

 

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À propos

Marie

Maman de trois enfants {I. 6 ans, M. 3 ans, E. 18 mois } passionnée par l'éducation positive et respectueuse, je partage ici mon quotidien de bretonne sur le chemin de la non violence éducative. Vous y trouverez aussi tous plein de petits bonheurs, mes coups de cœur et tout ce qui ponctue mon quot
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shirleyzepap 05/02/2013 23:55

Je vois que nous avons des puces du même âge ! J'ai commencé à lui "passer l'éponge", elle devait avoir 1 an et demi, depuis c'est le reflex !

Cleophis 29/01/2013 10:49

Waouh génial !! C'est sûr que c'est dur de la gronder quand on est mort de rire, moi-même j'étais pliée derrière mon écran. Mais l'important, c'est qu'elle ait compris, je pense qu'elle a dû avoir
peur même si elle ne s'est pas fait mal. Comme quoi, il n'est pas toujours nécessaire de punir ou de hurler !