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"Quelques kilos" vs "la pov' tit' bête"...

Je n'ai jamais trop aimé leurs porter d'intérêt. 

Je trouve qu'ils nous gâchent la vie, ces kilos.

Je n'ai jamais été à deux/trois kilos près... 

 

J'ai été ronde... j'ai été fine...

J'ai pris plus de 30 kg qui se sont rapidement envolés...

J'ai récupéré mon petit 36.

Un p'tit yoyo !

 

Et qui dit grossesse dit surveillance des kilos.

Dans ce cas là, le mieux, serait de faire copine-copine avec leur maîtresse, la sacro-sainte balance... Mais ça reste quand même difficile d'aimer quelqu'un qui nous balance une vérité, pas toujours sympa, en pleine face, dès qu'on la croise.

Ma grande aventure avec Madame Balance a débuté en même temps que ma liaison avec mon canapé, il y a un an tout pile. J'avais ordre de surveiller mon poids afin de ne pas trop prendre... Se retrouvée allongée sans aucune activité peut vite s'avérer dangereux pour la ligne (surtout avec les appels sournois du pot de nutnut). Je devais vérifier que les chiffres qu'elle allait m'annoncer ne croissent pas trop vite. 

J'avais mon estomac en alliée. Il ne voulait rien garder, rien de rien de rien du tout...

C'est là que j'ai rencontrée Mister WC !

Et que ma bataille a commencé...

Ma lutte pour gagner des kilos... et pour essayer de les garder.

Ouais, ben, c'est pas facile...

 

9 mois de grossesse... + 8 kilos à 3 jours du terme.

Je n'ai même pas atteint les 60...

On m'annonçait un petit bébé.

 

3 jours de mater et me voilà de retour avec un "bébé rachitique" de même pas 3 kg... 2k925g.

3 jours de mater et je rentrais sans mon slim d'avant, il me restait 2kg.

Je venais de pondre et déjà je récupérais mon corps !

Trop joisse la maman !

Il faut dire que ça me changeais de l'après-grossesse de l'Aînée, où j'avais pris 33 kilos...

 

Je pensais avoir gagné la bataille, je ne savais pas qu'une guerre effrénée m'attendait...

 

Puis j'ai commencé à fondre...

Mon petit 36 est devenu trop grand.

Mon derrière ne remplissait plus le 34.

Je me faisais peur, ce corps me faisait peur...

Je n'étais pas confortable. Je n'étais pas ronde. Je n'étais pas accueillante. Je faisais mal...

Je n'étais pas une maman pleine de rondeur où vient se lover son bébé, j'étais une maman toute sec où son bébé ne se plaît pas trop...

 

J'allaite. 

On commence à me parler de sevrage. Il me pompe trop, BabyCadet !

On se fou de nous, "les vases communiquant", mon loulou (maintenant) trop gros et moi trop maigre. Il va m'achever, ils veulent que j'arrête...

Nan mais ils sont fous !!!

 

Je tiendrais ! Et puis je suis certaine que ce n'est pas cet allaitement qui me fait maigrir. Peut être un petit peu, c'est vrai que je ne faisais pas trop attention à ce que je mangeais... J'aurais du me préparer des collations de fruits et légumes, de fruits secs, de céréales complètes... Mais je n'avais pas vraiment le temps, je courrais tellement.

 

Les regard inquiets de mon entourage commençait à me peser...

Puis cette remarque de mon grand-père : "Tu manges, au moins, parce qu'on dirait une "pôv' tit' bête !". Mais surtout ce regard plein d'inquiétude pour moi sa petite fille (enfin, une, parmi les autres...).

 

Il fallait que je réagisse !!!

Oui, mais comment ??? Parce qu'il ne faut pas croire que je suis tombée dans l'anorexie, non il ne faut pas croire ça ! J'ai toujours mangé à ma faim. De toute façon j'aime tellement manger que je ne pourrais pas tomber dans l'anorexie.

Alors j'ai décidée de m'obliger à manger entre les repas. De m'asseoir à table pour un goûter le matin. De prendre le temps de goûter avec ma fille l'après midi.

Ça n'a rien changé. 

Mes vêtements étaient devenus vraiment trop grands...

 

Cela faisait quelques mois que je n'étais pas montée sur cette balances. Des mois, aussi, que je n'avais osée me regarder dans un miroir.


CHOKING!!!


J'ai commencé par observer mon corps, habillé. Je faisais déjà si maigre...

Je me suis déshabillée petit à petit... J'ai pleuré... J'étais affreuse. J'étais si maigre...

Un sac d'os.

Il n'y avait que ma peau à recouvrir mes os. Je pouvais deviner leur forme exacte, leur moindre courbe, pas la moindre graisse ne les cachait.

Passé ce cap, il fallait que je sache ce que j'avais perdu, mais vraiment !

43,1 m'annonçait le balance (et avant la tétée du matin...).

Je me suis effondrée...

 

Il fallait me rendre à l'évidence, je devais avoir un problème.

 

Je flippais à l'idée d'en parler au médecin, j'avais peur qu'il me fasse sevrer mon fils.

Je flippais de ce qu'on aurait pu m'annoncer.

Je flippais du pire...

 

Mon entourage s'est montré de plus en plus inquiet à mon égard. Chacun y allant de son regard triste de chien battu, en me regardant. Faisais-je autant pitié? Chacun y allant de sa remarque, de sa petite phrase qui fait mal, de son petit pic sensé faire réagir... 

J'en ai eu marre de devoir me justifier, j'en ai eu marre de leur regard insistant.

Puisque mon état ne plaisait pas, tampi, j'arrêterai de les voire. 

Je ne supportais plus qu'on mette ma maigreur sur le compte de mes enfants.

J'ai détesté qu'on me prenne pour une mère dépassée par deux gnomes.

J'ai été horrifiée de ces remarques désobligeantes quant à mon incapacité de gérer.

Alors je me suis isolée avec mes deux petits monstres. Je me suis mise à fond dans mon rôle de maman.

Le regard des autres me pesait beaucoup trop alors pourquoi m'y confronter ?

 

J'étais là, dans ma bulle d'amour, protégeé par la joie de vivre de mes enfants.

Mon petit homme qui me faisait me sentir indispensable.

Ma loupette d'amour qui me reboostait avec ses câlins.

 

Puis ces mots "Nan, maman, j'te fais pas de câlin, tu fais mal avec tes os !"

Mon coeur touché en plein centre !

 

Ma réaction a été immédiate !

Ce n'était pas en faisant l'autruche que j'allais arranger les choses !

J'ai enfin pris la décision de faire ce bilan sanguin qui s'est avéré parfait...

J'ai vu un médecin, juste pour parler. Il penchait pour une dépression post partum. Sans doute trop de surmenage, trop de chose à gérer, pas assez de sommeil... Mais en aucun cas la faute à l'allaitement ni au maternage ! "Depuis quand l'amour d'une mère pour ses enfants diminue ? Par contre, encaisser les railleries des autres, les "on-dit", les remarques,... Tout ça, ça diminue une maman qui en plus s'avère toujours fragile après un accouchement". C'est mon docteur qui me l'a dit ! 

J'ai approuvé ses conclusions. Je suis reparti avec un traitement en photothérapie entièrement compatible à cet allaitement qui me tient tellement à coeur.

Je pouvais enfin mettre un mot, une signification sur mon malaise.

 

Puis je me suis bougé le cul !!!

 

Asso de maternage, regroupement de maman porteuse, court de portage...

J'ai décidé de m'investir dans ce qui me tenait à coeur et ça m'a fait un bien fou !

J'ai discuté avec des mamans porteuses, j'ai enfin pu allaiter mon fils sans gêne, j'ai discuté couche lavable, j'ai appris beaucoup de choses... Mais surtout, ces mamans, elles m'ont permis de me sentir mieux. Elles m'ont permis de me rendre compte que mes choix étaient bon. Elles m'ont écoutée et m'ont considérée, tout simplement.

Mais ces mamans, elles sont loin, trop loin...

Alors il y a la blogosphère. Ce monde parallèle qui me permet de voire que je ne suis pas la seule dans mon cas. Que je suis loin d'être la seule à faire rimer congés parentale et découvert ; que je ne suis pas la seule à me torturer l'esprit pour le bien être de mes enfants, que je ne suis pas la seul à ne pas dormir, que je ne suis pas la seule à être incomprise de mon entourage, que je ne suis pas la seule maman... 

 

Je suis devenue une geek-mom et je vais mieux.

 

Pour en revenir à mes kilos...

Ce matin... +3kg !!!

Yeeeeeeeehhhhhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!

GRANDE JOIE 

 

Je vais mieux...

 

2012-0890.JPG

 

 

 

 

 

 

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Rohanne 24/11/2012 23:06

Un post très émouvant et tout en pudeur, moi je dis merci. Et quel dommage de ne s'être pas rencontrées au spot e fluent mercredi, j'y étais également. Moi, c'est l'exact inverse! Moi qui ai passe
20 ans à garder le même poids,un 59 de fille normale pas grosse pas maigre, sans changement, et voilà qu'avec ma grossesse ( après 5 mois à vomir partout au démarrage) la balance grimpe de 20
kilos! Gloups. Pas de panique, avec allaitement tout va rentrer dans l'ooooordre, me dis-je et me dit-on. Sauf que non, 5 mois d'allaitement exclusif et rien, pas un gramme de plus ou de moins...
Et les commentaires qui fusent, dans la stricte symétrie de ton expérience... Alors tu as eu tellement raison de ne pas t'isoler, moi je ne suis pas encore parvenue à trouver un groupe de mamans à
l'écoute autour de moi, ms je pense que c'est en effet la solution et tu as tellement bien fait ! Continue sur cette oie t courage :) les deux petits schtroumpfs sont la pour te rappeler pourquoi
on traverse toutes ces étapes ;)

Itmama 25/11/2012 17:17



Merci Rohanne !


C'est dommage d'avoir loupé cette rencontre mercredi...


Quel est ton blog ???


 


Courage, courage avec ces vilains kilos ;)



Cleophis 27/10/2012 16:15

Un témoignage qui prend aux tripes, ça ne doit pas être facile tous les jours. Les remarques de l'entourage sont quelquefois dures à entendre mais elles sont là pour nous ouvrir les yeux. Continue
sur ta bonne voie et ne culpabilise pas d'être une bonne mère !! :)

Itmama 08/11/2012 15:00



Merci Cleophis ;)