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Quand la pression monte

Il y a le boulot.

Il y a l'argent.

Il y a ces journées toujours trop courtes.

Il y a ce bruit.

Il y a le stress.

Et il y a l'enfant...

L'enfant qui bouge, l'enfant qui vit mais qui ne correspond pas à notre attente du moment.

 

Hier, ça nous a fait marrer de le voire faire le zouave. Demain on aurait peut-être ri avec lui. Mais là, non, l'envie n'y est pas... De nos conversions d'adultes sortent des mots qui lui sont destinés, mais les entend-il seulement ? On lui demande d'arrêter... Une fois, deux fois... Mais lui il joue, il se marre. Il n'entend pas... 

La pression monte.

Tu sais, cette colère qui vient du fond des tripes, cette émotion que tu sens que tu ne vas pas gérer... Cette émotion qui fait peur, elle nous envahit. C'est qu'il nous gonfle l'enfant à ne pas nous écouter ; à croire qu'il en fait exprès !

La soupape de cette émotion à beau être en marche, l'émotion est là, cloîtrée dans nos tripes. Elle nous torture cette émotion... On a envie de hurler mais non, on a appris à se tenir, lui aussi il doit apprendre.

Et la gifle part.

Oh, une claque, ça n'a jamais tué personne ! 

La claque qui soulage... le parent, qui permet d'évacuer cette émotion qui nous rongeait.

La claque qui est un coup, la claque qui inflige une douleur à l'enfant.

La claque qu'il aura peur de se prendre la prochaine fois.

La claque qui lui apprendra à contenir ses émotions.

 

Cette situation, nous sommes beaucoup à la connaître, cette pression émotionnelle libérée par la claque.

Il existe des alternatives à cette gifle, il y a des parents qui ont choisi de ne pas céder à cette pression qui monte, qui ont choisi de se battre contre ce geste banalisé qui calme, qui retranche chacun dans ses tranchées, qui instaure un climat lourd. 

Cette situation, je l'ai moi-même connut.

Quel parent ne se sent pas dépassé à un moment ?

J'ai détesté réagir de la sorte.

J'ai détesté laisser sortir mon émotion par un geste violent.

Mais j'ai encore plus détesté les expressions que j'ai pu lire sur le visage de mon enfant : cette peur mêlée à l'incompréhension. Ce regard interrogateur au milieu d'un visage rougit où perlent de grosses larmes entre les doigts de cette petite main qui se tient la joue.
J'avais tellement mal de lui avoir fait mal, tellement mal de m'être fait déborder, de ne pas avoir su gérer mon émotion...

 

Puis un jour, j'ai dit stop !
Je ne pouvais pas aider ma fille à devenir un adulte stable en la tenant par la peur et la menace !

J'ai lu, j'ai cherché des solutions, j'ai écouté mon coeur de maman qui avant était celui d'une petite fille.

J'ai choisi.

J'ai choisi de me compliquer la vie, de me torturer l'esprit plutôt que de céder à la facilité de la claque. JE trouve ça si facile de se servir de cette gifle comme soupape de décompression, trop facile !

J'ai pris conscience de nos différences, de nos limites et de nos émotions.


Finalement, je suis un chemin qui m'est propre. J'ai choisi de passer du côté de la bienveillance, de la positivité et de l'éducation non violente, mais ce chemin est semé d'embûches qui me font me poser mille questions tous les jours...

Ce chemin, il est un peu comme celui qu'emprunte Alice au Pays des Merveilles mais j'y crois.

Je suis persuadée que ce chemin servira plus mes enfants et mon couple, que celui de la violence. Même que certains jours où tout roule, j'aime à croire qu'une vision différente de l'éducation pourrait faire changer le monde, j'aime tant rêver...
En attendant de changer le monde, je me dis qu'au moins je permets un avenir vaste et ensoleillé à mes enfants où tout est possible tant qu'on prend cas des limites et des émotions de chacun. 

 


Depuis quelques jours, circulent sur le net les spots de la fondation pour l'enfance qui veulent alerter sur la banalisation de la violence éducative ordinaire, les articles pleuvent tout comme les réactions.

Je ne voulais pas les regarder, je savais qu'il me ferait mal ; je ne sais pas pourquoi...

Finalement, ce matin j'ai voulu approfondir, je suis curieuse...

 
J'ai eu mal. Je me suis pris une méga claque. Mon coeur a pleuré.

Ça me fait mal de voir que plus 80% des grands-parents et parents affirment avoir recours à la violence pour éduquer leur enfant, j'ai été surprise de découvrir que près de 70% de la population française est contre une loi condamnant la violence éducative ordinaire, et tellement triste d'apprendre que tous les jours 2 enfants meurent sous les coups...

 


Après avoir lu ses différents billets et visionner ses différents spots, tu sais ce que j'ai ressenti ?

 
J'ai ressenti la même pression que lorsque ma fille m'agaçait et que pour la calmer j'utilisais une fessée, des menaces ou des conditions. En fait, j'étais en colère contre moi-même. J'étais en colère contre celle qui ressemblait à la maman du spot diffusé.

Je ne veux plus jamais être cette maman, non plus jamais !

Cette colère, je l'ai aussi ressentie à la vue de certains commentaires partisans de la fessée "pédagogique", j'ai lu des mots d'une telle violence ! Ces mots m'ont choqué !Comment peut on encore prétendre que l'enfant naît tirant et que sans "dressage" il finit par nous dépasser ? L'adulte aurait-il peur des véritées que renvoie l'innocence de ces enfants ? Et quant à ceux qui hurlent haut et fort "qu'ils en ont pris et qu'ils n'en sont pas mort...", j'ai envie de leur dire... qu'ils n'en sont évidemment pas mort, mais qu'est devenue l'enfant trop sensible, trop curieux et trop expressif qui provoquait la colère d'un parent ? Et bien pour la plupart, il sera mort sous des coups remettant en place et par une autorité patriarchal nécessaire pour faire de bons petits moutons... Tout comme le faisait si bien le service militaire il y a quelques années. Et tient combien de ces personnes sont prêtes à prendre la parole devant une assemblée d'adultes sans avoir peur d'être jugé ? Combien ose lâcher prise ? Combien sont réellement maîtres de leur vie ?...

 Enfin, ça n'est que mon avis, tout comme je pense qu'user d'une fessée ou d'une gifle est synonyme d'échec.

C'est si triste de perdre ses yeux et son coeur d'enfant...

 

 

Le chemin que j'ai choisi est long et laborieux mais je ne baisse pas les bras, je vais y arriver. Je veux permettre à mes enfants d'être des adultes en accord avec eux-mêmes à l'aise dans leurs baskets !

Je crois qu'on est bien parti, en tout cas, ma poulette évolue vers la bienveillance et ça j'en suis fière* !

 

 

Parfois, lorsque nos problèmes de grand se mêlent à la fatigue, lorsque j'atteins mes limites et que la patience me fait défaut, lorsque je sens que la pression monte en moi, je m'isole le temps qu'il faut pour évacuer ce sentiment qui me dépasse. Je souffle un bon coup en pensant aux gros câlins d'amour de mes Korrigans et d'un coup la pression se barre pour laisser place à cette bienveillance qui me tient tant à coeur !

 
La petite pause pipi mieux que la gifle... Parole de Graine de Caillou !

 

Comme ça m'a soulagé d'écrire ces mots !!!

 

 

*En ce moment, BabyCadet nous tape. Il tape quand il est content, il tape quand il est mécontent, il tape quand on ne peut satisfaire une de ses volontés. Ce qui est tout à fait normal à son âge. Alors on lui apprend que les mains s'est tout doux et que ça caressent les gens qu'on aime... 

On répète, on ne fait que ça, mais c'est ça être parent !

L'Ainée se prête aux jeux, et elle adore ça être une grande soeur.

Hier, au supermarché, un petit (pas plus vieux que mon Baby Cadet) ne voulait pas sortir du chariot et devant l'insistance de sa maman qui ne pouvait satisfaire son envie ce petit l'a tapé. La maman s'est mise à hurler. Elle l'a attrapé assez violemment et lui a mis une fessée en lui disant :'Ha non ! On ne tape pas !"

Je ne pensais pas que ma poulliote avait remarqué la scène. Ni une, ni deux la voilà qui m'interpelle : "Maman, pourquoi elle lui dit de ne pas taper et qu'elle le tape ? Il va rien comprendre !" 
 

J'étais fière de ma fille.

 

Pour aller encore plus loin, je vous invite à lire ces deux billets :

 


ETRE ENFANT ET MOURIR SOUS LES COUPS: L’INFÂME CONSTAT.

Il n’y a pas de petite claque

 

claque.jpg

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