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Mon doux rêve... Un projet si précieux.

Depuis longtemps, depuis que j'ai pris conscience de ce qu'était un accouchement j'étais intriguée par cet instant où la femme donnait la vie. Je voulais savoir ce que l'on ressentait, nous les femmes, en donnant la vie. J'ai alors tenté de questionner ces copines qui s'étaient lancées dans la maternité avant moi, sans avoir vraiment de réponse satisfaisante... 

La nulli que j'étais ne pouvait encore comprendre ce sentiment. Pourtant cette question tournait toujours dans ma tête :

"Ca fait quoi de donner la vie ?"

 
Mon tour est arrivé !

C'est pleine d'espoir et surtout de confiance que je me suis laissée  guider, par une énorme équipe médicale, pendant ces neufs mois plein d'attente. Je leur ai tellement fait confiance... Je pensais qu'ils allaient m'aider à vivre le plus beau moment de ma vie grâce à leur savoir qu'ils avaient acquis durant ces longues années d'études.

 J'y ai cru.


Ce grand jour est arrivé.

 
Ils me l'ont volé.

Ils ont volé mon accouchement.

Ils ont volé les premiers instants de vie de mon premier enfant

Ils m'ont abîmé.

Ils ont brisé mon coeur. Ils ont fragilisé mon utérus. Ils ont détruit ce lien que j'avais lié pendant ces longs mois avec mon bébé.

Ils m'ont détruite.

Ils ont massacré le si peu de confiance que j'avais en moi.

Ils ont brisé mes rêves d'accouchement "normal". 

Ils m'ont laissé un vide... Avec cette césarienne, ils ont vidé mon coeur de quelque chose, ils m'ont volé la sérénité de mes futures grossesses. Dans ce creux est juste resté cette interrogation, la question de ma vie.

J'en ai pleuré, tellement pleuré.

Je pensais que jamais je ne pourrais connaitre cette chose dont parlent les femmes, cet instant magique où l'on donne la vie.

Cette vie, je ne l'ai pas donnée de moi-même. Cette vie on me l'a arraché des tripes, on me l'a arraché du coeur et on l'a flanqué dans les bras d'une parfaite inconnue qui n'était pas en accord avec les gestes qu'elle faisait.

Le temps a passé, cicatrisant ces différentes plaies qu'il restait du pire jour de ma vie.

 

 

Mon ventre s'est réparé beaucoup plus rapidement que le lien d'amour avec mon enfant.

Mon coeur est resté une plaie ouverte d'où jallissait une colère que j'avais du mal à gérer et à comprendre.

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Et il y a eu ce deuxième petit coeur qui clignotait sur l'écran...

Un petit coeur dont je ne voulais pas, un petit coeur qui me ramenait trop de souvenir passé et qui a mis à vif ce coeur que j'avais su camoufler sous une vie des plus actives.

J'ai  lui faire mal à son coeur à lui, c'est sans doute pour ça qu'il m'a rappelé à l'ordre rapidement mon bébé surprise. Mais j'avais peur, tellement peur de revivre la même chose qu'avec ma fille. J'avais peur de le détester aussi, j'avais peur de lui en vouloir. J'avais peur de ressentir toute cette colère qui m'avait envahi pendant plusieurs mois.


Mais je suis une battante !!! 

Je ne pouvais pas revivre cet enfer qu'on m'avait présenté comme magique depuis toujours. Je voulais bien croire aux légendes urbaines, je voulais bien croire que ce n'était pas facile, je voulais bien croire ce vieux dicton "tu enfanteras dans la douleur", ... mais je voulais surtout pouvoir donner la vie comme l'ont fait tant de femmes avant moi.


Je me suis informée.

Je me suis battu.

Je suis redevenue cette mère qu'ils avaient déchiré en même temps que mon ventre.

Je suis devenue forte pour lui, grâce à lui.

Et je l'ai eu mon AVAC ! J'ai pu enfanter par la voie royale !

J'ai ressenti ce déchirement mêlé d'un amour intense. J'ai découvert mon fils tout chaud et encore plein de moi.

Je l'ai aimé dans la seconde où je l'ai vu.

La suite s'est passé à merveille, loin, très loin de ce que j'avais pu vivre dans mes premiers pas de maman.

J'avais vécu le plus beau jour de ma vie !

P1040073.JPG

 

 

Il me reste tout de même un goût amer de cette bataille pour pouvoir enfanter comme je le souhaitais. Je n'ai pas aimé devoir me battre pour pouvoir faire accepter un accouchement physiologique, je n'ai pas aimé ce non-respect de mes choix, je n'ai pas aimé leur façon de m'imposer leurs protocoles et encore moins leurs gestes mécaniques.

Alors je me suis mise à rêver...

J'ai rêvé d'un petit troisième dont je choisirais la venue, d'une grossesse acceptée et sereine, et d'un accouchement qui serait mon choix, notre choix.

Une façon de me réconcilier avec cette maternité qui fut assez chaotique.

 

 

Une partie de mon rêve s'est déjà réalisée avec ce petit poisson qui s'est installé au moment que je souhaitais.

Pour la suite de mon doux rêve, je pris tous les jours dame nature pour qu'elle m'accompagne du mieux qu'elle sait le faire car mon projet de fin de route me tient tant à coeur...

Un projet sur la sellette depuis le début, je le sais mais je veux y croire.

Je veux que la rencontre avec mon PetitPoisson se passe au sein de notre cocon familial, je veux le découvrir dans cette maison qui est le théâtre de tout ce bonheur qui remplit mon coeur chaque jour.

Je veux vivre mon accouchement comme je le souhaite.

Je veux pouvoir écouter mon corps, je veux lui faire confiance, je veux le ressentir dans tout ce travail, je veux le vivre avec mon enfant et avec mon mari.

Je veux être une femme, pas un numéro !

 

La cicatrice de ma césarienne était le premier obstacle.

J, la sage-femme qui va nous accompagner les prochains mois à accepter de tenter l'aventure. 

Elle nous a rempli d'espoir !

Nous sommes si heureux !

 

Mais nous avons un deuxième obstacle depuis peu...

Il s'agit d'une décision de l'Etat et de l'Ordre des sage-femme qui risque de compromettre notre choix d'un accouchement hors structure hospitalière :

"En France, il existe une obligation de paiement d'une assurance pour les sages femmes libérales. Pour celles pratiquant l'accouchement à domicile, le montant est prohibitif, ce qui les met dans l'impossibilité de le payer. Récemment, il leur a été signifié par l'état et l'ordre des sages femmes, qu'en exerçant sans assurance, elles sont passibles de sanctions lourdes, telles que la radiation de l'ordre et ainsi l'interdiction d'exercer, avec la possibilité de sanctions pénales. La conséquence directe sera l'abandon de ces sages femmes de leur pratique des accouchements à domicile, privant ainsi les couples de leur droit de s'adresser au professionnel de santé de leur choix."

Ces mots introduisent une pétition que je vous invite à signer afin de soutenir ce droit fondamental que nous avons, ce droit de choisir :


 

 Au gouvernement Français : ne rendez pas l'accouchement à domicile impossible.

 

 

 


Nous espérons tellement pouvoir mener à bien notre projet, comme plein d'autres familles...

Le projet d'une vie.

Un projet qui semble loufoque pour certains mais un projet tellement fort pour tous ceux qui le désirent.

 
Aujourd'hui, nous avons encore le choix, même si ce choix reste celui d'une minorité, il existe.

Alors pour nous, pour elles, pour eux, pour vous, soutenez ce droit au choix qui devient si difficile dans notre pays des droits de l'homme !


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Rêves de Bulle 19/09/2013 21:14

Whaou. J'ai l'impression que cette histoire, c'est la mienne. Sauf que moi, ma deuxième vient seulement de naître, et que mon projet d'AAD est pour plus tard x)
J'espère que l'AAD ne sera jamais illégal, qu'on ait le droit de choisir ce qu'on souhaite !
Ton billet m'a mis les larmes aux yeux...! lire son histoire sous la plume de quelqu'un d'autre c'est... étrange ...!

Maman Nature 19/09/2013 11:41

Waouh... ce début d'article j'aurais pu l'écrire mot pour mot... cette impression de ne pas connaître l'enfant qu'on pose sur toi 2h après te l'avoir sorti du bide... Cette impression que ce bébé
n'est pas le même que celui que tu abritais depuis 9 mois... de ne pas le connaître, de le reconnaître tout simplement... Ce sentiment d'amour dont elles parlent toutes qui reste une énorme énigme
pour toi et personne ne comprends pourquoi tu souffres alors que tu vas bien et que bébé aussi...
J'ai mis 18 mois à m'en remettre... Le début de cette 2ème grossesse a été un cauchemar... Et pourtant... ma petite bulle je l'aime déjà... mais j'ai tellement peur qu'on me l'arrache elle aussi...
Je sais que la où elle va naître ils respectent ++++ la nature... Ca me soulage de le savoir mais pourtant j'ai toujours cette peur au dessus de moi... Mais cette fois je vais me battre comme
toi... Je veux l'aimer encore plus dès le moment où on la posera dans mes bras... 1 seconde ou 2h après sa venue au monde je m'en fou... Mon plus grand souhait est juste de l'aimer comme une mère
doit aimer son enfant dès le premier jour de sa vie...
Je te souhaite de vivre cet AAD... Après ca tu le mérites...