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Le plus beau moment - Par Angélique

Celà fait quelques jours que je cherche comment la présenter, comment trouver une introduction à son témoignage... Mais il est si beau, ses mots sont si purs et si touchants que je n'y arrive.

Angélique, je te dirais juste merci. Un merci dit avec le coeur.

Merci de m'avoir permis de partager ce moment magique et unique.

Plein de bonheur à votre jolie famille !

 

 

 

"Et aujourd'hui c'est le plus beau moment, c'est le plus beau bébé, c'est la plus belle maman, Sur la plus belle planète"

Aujourd'hui - Camille

 

 

 

Il est 6h30 ce matin là quand J. part de chez nous. Un matin comme tant d'autres, mais qui a bouleversé a jamais notre vie.

La nuit règne encore en maîtresse obscure. Il pleut.

 

La maison est calme, sereine. Ce genre de calme que l'on retrouve après la tempête...

Qui peut imaginer qu'il y a encore quelques petites heures nous étions dans la tourmente, qu' une tornade emportait tout?

C'est surement ça la vie : non pas la sérénité, mais le déchaînement.

 

Un regard, une chaleur, un instinct, une découverte... LA rencontre...

 

Je me réveille ce matin du 4 février en même temps que chéri a 6h30. Bizarre, d'habitude je dors encore profondément. A 7h, il part au travail, et me dit « a tantôt, je t'aime. » « -a tantôt? Tu me dis a ce soir d'habitude ? J'ai mal au ventre ce matin», « justement, peut-être que l'on va se voir plus vite que prévu ». un pressentiment?...

 

A son départ je file au toilettes. Je vais a la selle plusieurs fois. C'est la raison de mon mal de ventre me dis-je.

Je me recouche et toujours ces douleurs lancinantes dans le bas du ventre, même le haut du pubis, qui reviennent régulièrement, toutes les 5 min. environ. Je commence a comprendre...c'est notre jour, enfin la grande rencontre. Je suis toute émue.

Au bout d'une demi-heure je me lève, je suis trop excitée pour me rendormir! Je profite de ce calme pour aller déjeuner seule. Juliette dort encore mais ne devrait pas tarder a se réveiller.

Là, commence le langoureux ballet avec mon ballon de grossesse. Déjà il me soulage de ces contractions régulières. Que je l'aime ce ballon!

J'envoie un petit message a chéri pour lui signaler que les contractions ont débutées. Il me demande si je veux qu'il rentre, mais je n'en vois pas l'intérêt pour le moment.

Je déjeune, et à 8h30 j'entends des petits pas sur le plancher. Tiens ma fille est debout. Je monte en gérant toujours les douleurs plus que supportables. Mais ma fille voit bien qu'il se passe quelque chose. « t'as mal au bébé maman? » (!). je lui dis que oui j'ai mal au ventre, mais que cela est normal, le bébé va arriver aujourd'hui.

Même si les contractions ne sont pas du tout intenses, je sens bien que j'ai du mal a me concentrer sur les demandes de ma nénette, qui en plus s'inquiète pour sa maman.

Du coup j'appelle chéri, lui demandant si il est déjà parti sur son chantier. Lui explique la situation. A 9h30, il est à la maison. Je suis soulagée, je vais pouvoir me centrer sur moi-même sans m'inquiéter de ce qui m'entoure.

 

J'envoie un message a J. pour la prévenir qu'elle aura certainement du travail avec moi aujourd'hui!on échange quelques messages et on convient de se donner des nouvelles ce midi. La matinée se passe tranquillement. Je gère toujours mes contractions sur ce ballon.

Le midi, J. me demande si je veux qu'elle passe. Non, je gère, ce n'est que le début. On se donnera des nouvelles en soirée.

 

Accalmie : Juliette va à la sieste. On se pose avec chéri sur le canapé. On fait quelques dernières photos de mon bidon tout rond que je chérie. Je parle à mon bébé, je le caresse. On se dit avec chéri que ce bébé naîtra un 4, comme sa grande sœur. Mais naîtra-t-il avant la nuit?

 

Juliette se réveille. Une contraction me prend dans l'escalier. Juliette, qui est assise sur les marches ( c'est comme ça qu'elle descend l'escalier ), et moi devant elle. Son regard me scrute : « pose ta tête dans mes genoux maman ». j'adore, quelle attention de sa part. Je m'exécute, ça me soulage.

Elle prend son gouter. Son papa l'amène vers 17h30 chez une amie. On lui dit que lorsque papa viendra la chercher demain matin, le bébé sera là, chez nous...Je la regarde partir a travers le carreau de la porte. Elle est installée dans la voiture, me sourit...j'ai les larmes aux yeux...ma fille unique va devenir grande sœur. Que d'émotions pour moi déjà!

 

Après le départ de mon grand bébé, les contractions s'intensifient. Nous convenons avec J. qu'elle passe après ses consultations, vers 18h30.

J'attends sa venue avec impatience. Ma sage-femme..notre sage-femme...celle sans qui ce projet n'aurait pu aboutir.

 

Elle arrive, prend des nouvelles. Nous montons dans la chambre. Elle examine mon col. Verdict : «  tu es dilatée a 3-4 cm »... »QUOI? C'est tout? Je contracte depuis ce matin... je comprends pas... ». je suis dépitée, je m'attendais a au moins 5-6cm!

C'est sûr ce bébé ne naîtra pas de jour. Et je commence à douter sur sa venue au monde le 4!

J. regrette de m'avoir donner un chiffre, elle essaie de ma rassurer, me dit de ne pas me décourager, que le travail peut aller vite ensuite. Et que dans tous les cas, je serais a nouveau maman dans quelques heures.

Elle me demande si je veux qu'elle reste. Non, je préfère qu'elle rentre chez elle se restaurer, se ressourcer. De toute façon , je ne vais pas accoucher dans l'heure maintenant. Elle installe avec l'aide de Chéri tout son matériel.

 

Elle repart a 20h. Je redescends au salon. Chéri se fait un truc a manger. Moi je n'ai pas faim!on s'installe devant le film Taken, mais au bout d'une demie-heure, je ne sais plus comment me mettre. Le ballon commence a ne plus faire effet. J'ai besoin de m'isoler, me retrouver, dans le calme, sentir mon bébé. Je décide de monter et m'allonger sur le matelas que nous avons mis par terre, dans notre chambre, a coté de notre lit. Le matelas sur lequel j'accoucherais.

 

Les contractions s'intensifient. J'ai l'image d'un manège, des montagnes russes, cette douleur qui monte, monte, monte encore. Qui culmine, puis qui redescend tout doucement. Mon souffle accompagne la douleur. J'accompagne chaque contractions, je l'accueille de sa base jusqu'à son sommet, puis dans sa descente...j'ai trouvé mon rythme. Les quelques contractions dont je loupe le début sont beaucoup plus douloureuses, je les subit : cela me rappelle mon 1er accouchement, où je ne gérais rien, ou je subissais tout...

Toute la journée j'ai accompagné mes contractions par la visualisation. J'ai visualisé l'ouverture de mon col, comme nous avait conseillé J. lors des cours de préparation. J'ai visualisé ces petites gouttes d'ocytocine aidant l'ouverture. J'ai visualisé mon petit bébé cherchant peu à peu la sortie, ses mouvements.

22h : J. m'envoie un message me demandant comment je vais : « ça s'est intensifié et je suis fatiguée « je lui réponds. Elle m'appelle. Une contraction arrive, je la laisse patienter au téléphone. Elle me dit que ma respiration a changé. Elle arrive.

Une demi-heure plus tard, j'entends Chéri qui lui ouvre. « Elle est dans la chambre » lui dit-il. Elle monte. Je suis allongée, j'essaie de me reposer entre 2 contractions.

Je suis heureuse et soulagée de la voir, je sais que maintenant elle ne repartira qu'après la naissance de mon bébé.

Elle examine mon col. « le travail avance ». ni elle, ni moi ne parlons chiffre.

Je change de position et me met a genou sur le matelas, les bras sur notre lit. Une contraction arrive. Elle me pose le monitoring pendant ½ heure : le bébé supporte bien les contractions. C'est le seul monito qu'elle me fera. Le reste de la nuit elle contrôlera régulièrement le cœur du bébé avec sa sonde d'échographie. Autre contraction : J. s'installe derrière moi, pose ses mains sur le bas de mon dos et masse...quel soulagement, c'est chaud et apaisant. Elle continue sur plusieurs contractions.

Chéri nous rejoint après avoir ravivé le feu en bas et fait ce qu'il avait a faire.

Ça y est, nous sommes tous les 3 réunis dans la chambre. Chéri prend la place de J. et me masse.

 

Les heures qui suivent sont floues pour moi...j'entre peu a peu dans le tourbillon de douleur...je suis centrée sur mes sensations, j'oublie le temps qui passe. Ce temps qui s'écoule lentement, et en même temps qui passe très vite. J'ai du mal a expliquer ce paradoxe. Je crois que je ne fait plus partie du système temps...j'ai beaucoup de trous noirs sur cette nuit.

 

A chaque contraction, je m'enfouis la tête dans mes bras, sur mon lit, j'étire mon dos au maximum, je « chante ». Sur la descente de la douleur, je balance machinalement mon basin de droite a gauche. Une vrai chorégraphie bien rodée! Qui me semble être faite de manière inconsciente. Pourquoi ce balancement? Est-ce le bébé qui me le suggère? Cela l'aide-t-il a descendre? Sûrement.

Chéri s'assoit sur notre lit, et je pose ma tête sur lui. Il m'encourage, me caresse les cheveux, il est là.

J. est toujours là, mais tellement discrète, en retrait et en même temps je ressens sa chaleur qui m'enveloppe, son regard plein de tendresse...

 

Nous sommes dans un espace serein, chaleureux, ou règne le silence, les chuchotements. Très peu de paroles sont exprimées durant cette nuit, et pourtant que d'échanges...je ressens beaucoup de communication...moi qui ai la plupart du temps les yeux fermés. La communication non verbale., le toucher. 4 mains qui s'occupent de moi, des massages, des mains apposées, des paroles douces. Mais aussi des échanges entre J. et mon Chéri. Des échanges que je perçois mais dont je n'arrive a en extraire les sujets. Peu importe, ce n'est que bienveillance, je le sais.

Nous sommes pendant plusieurs heures a 3 dans cette même pièce, mais rien n'est statique, beaucoup de micro mouvements. Quand je repense a cette nuit-là, j'ai l'impression de regarder un film passé en accéléré et de voir énormément de gestes, de déplacements, de vie...

 

Moi je suis là, mais ailleurs... depuis un moment déjà je vocalise. Ma respiration est bruyante à chaque contraction qui me laisse maintenant beaucoup moins de répit. J'accompagne aussi mon bébé en visualisant son parcours en moi, ce qu'il peut ressentir, je lui parle a l'intérieur de moi, je touche régulièrement mon ventre, qu'il sente que je suis là avec lui, tout les 2 dans la même galère! J. vérifie régulièrement son cœur. Elle me dit «  il va super bien ton bébé. Il se débrouille comme un chef « . cela me donne le sourire entre 2 douleurs.

Je change de position. Je suis a 4 pattes, puis a genoux. Puis j'ai envie d'essayer le tabouret d'accouchement. En fait j'ai des envies de pousser, et je me dis que c'est peut-être le grand moment. Mais au fond de moi, je n'en suis pas vraiment sûre. Je crois que je veux juste en finir, être libérée. Je suis bien sur le tabouret. A chaque contraction j'effectue des petites poussées. J. m'ausculte. «  surtout ne pousse pas tu n'es qu'a 7 cm de dilatation! »

La douleur descend, je sens les contractions sur ma vulve, que je touche spontanément a chaque fois.

 

Et là : fatigue intense...ras-le-bol...cela va-t-il finir?

« est-ce que je vais y arriver? » je demande a J.

« tu en doutes? » me répond -elle.

Elle est vraiment sage. Elle ne me donne pas de réponse. Mais veut que je trouve seule cette réponse

« non je ne doute pas « 

 

Même si je flanche, a aucun moment je me dis que ce bébé ne naitra pas ici, chez nous, ne naitra pas tout court. J'y croit, mais j'ai juste besoin de me l'entendre dire!

 

Je m'allonge sur le matelas, je suis exténuée, j'ai besoin de me reposer. Étonnement les contractions s'espacent ; j'arrive a somnoler entre chaque. Quelle étrange sensation. Chéri s'est aussi posé au sol a ma tête,me caresse a nouveau les cheveux. Il se repose. J. est a mes pieds, légèrement étendue aussi sur le matelas. Elle se repose aussi.

Je suis sur le cote droit, la jambe gauche légèrement repliée et posée sur le tabouret. Je pars ailleurs, je suis bien. J'aimerais qu'on me laisse là, comme ça, toute seule. Que je me repose des heures et des heures. Je ne pense plus a la naissance, a la rencontre avec mon bébé.

 

Au bout d'un certain temps ( combien je ne sais pas...je n'en ai plus conscience de ce temps ), J. me sort de ma léthargie. «  bon Angélique, le travail n'avance plus. Tu es très fatiguée. On se laisse encore 1h »

panique : « 1h pour quoi??? »

« il est 2h, si dans 1h ça n'a pas avancé, on va a la maternité. Ils te poseront une péridurale. Tu es très fatiguée »

 

Je suis en colère et a la fois désespérée. Mais pourquoi me dit-elle ça???j'ai envie de pleurer. J'en suis pas arrivé là pour ça! NON!

 

« est-ce que ça te dirait de prendre un douche? »

« oui »

 

je me lève tant bien que mal avec mes 2 aides, et les quelques mètres qui me séparent de la douche semblent être un marathon. Mon koh-lanta a moi! J'ai l'effet de me lever après 10 ans d'alitement! Les contractions dans la position debout sont horribles. Je me cramponne a eux, , la tête sur le mur...c'est trop dur.

 

J'arrive a la douche ou J. a installé le tabouret d'accouchement. L'eau chaude sur mon corps meurtri me fait un bien fou. Mes muscles se détendent peu a peu. Quel bonheur.. j'ai l'impression que mon visage crispé par la douleur, retrouve forme humaine. Chéri m'aide a sortir de la., m'aide a me sécher...que ferais je sans lui? Il n'est pas démuni devant tout ça, il est au top.

Une envie folle de me brosser les dents. Quelle idée! Ça me rafraichit.

Je retourne plus facilement a présent ds la chambre. J; me propose de me suspendre a l'écharpe de portage que l'on a installé a la poutre. J'essaie, mais une contraction violente me prend debout. Je ne la gère pas. J'attends qu'elle passe et m'installe sur le ballon a cote de moi. Il faut que je retourne sur le matelas, a genou. Le ballet des contractions reprend. Plus rapprochées, plus intenses. ( avec du recul je sais que J; m'a stimulé , elle m'a sorti de ma léthargie en me posant un ultimatum d'heure. Je crois qu'elle savait que cela relancerait le travail...comme je la bénie! )

 

Je gère a nouveau mes contractions, je commence a gémir, crier peut-être. J. demande si elle peut avoir un café. Chéri va le préparer. Je dis a J. que l'on manque vraiment a tous nos devoirs. Elle sourit!

 

Chéri revient avec 2 tasses. Ils s'assoient tous les 2 sur le lit. Moi j'ai la tête posée entre eux 2 sur le matelas. Quelle scène! Je suis dans un monde parallèle! Je ferme les yeux. Je sens l'odeur du café, j 'entends croquer, je sens cette odeur de spéculos. Quelle gentille attention chéri! Ils ont l'air de savourer ce moment, de déconnecter. Ça me fait du bien de les sentir ainsi. Je suis dans ma bulle de douleur et de calme a la fois!

 

Maintenant, les contractions ont pris le pas sur les temps de repos, je n'ai plus le temps d'être soulagée que je repars dans les vagues...

J. s'est replacée derrière moi, assise derrière moi, a distance. Chéri est toujours sur le lit.

 

soudain, la poche des eaux éclate littéralement! C'est impressionnant, je ne m'y attendait pas. L'effet de surprise passé, de nouvelles sensations se propagent en moi. Les contractions, des étirements, écartèlements, picotements...la rencontre est proche, je le sens, je le sais...

 

mon bébé, tu viens a nous, tu t'engages dans la vie, nous t' attendons...

ma position évolue quelque peu. J'ai un genou a terre et l'autre relevé ( un peu en position de chevalier servant ), accoudé sur mon homme.

 

Sa descente continue, sa tête commence a effleuré mon périnée, puis a l'étirer...j'ai peur... ces sensations que je n'avaient jamais connues me font peur. Je sens sa petite tête qui descend a chaque contraction, puis qui remonte ensuite. Dans mon cerveau, pleins d'idées se bousculent : j'ai peur que que mon périnée se déchire, je ne veux pas pousser, c'est pas grave, je vais rester comme ça, avec mon bébé en moi...

je reprends conscience des choses : .réveilles toi! faut que tu le sortes ce bébé! Tout se passe dans ma tête, je suis connectée a moi-même...la douleur n'existe plus. Cette lueur que j'aperçois en fermant les yeux s'agrandit a chaque poussée de mon bébé..je suis en plein dans un voyage intérieur, moi en communication avec ce petit être que j'ai couvé si tendrement. Je m'imagine que cette lueur est la lueur que mon bébé entrevoit des qu'il s'approche de la sortie.

Je tremble mais je n'ai pas froid...je suis en sueur mais je n'ai pas chaud...en transe peut-être?

 

« OUI ». .Je crie.

 

«  dis oui a ton bébé, accueille-le » me souffle J.

Elle est mon phare...chéri est mon rocher auquel je suis solidement accrochée, tête contre tête, mes mains étant agrippées au siennes.

 

Mon souffle est haletant, rapide. »oui, viens mon bébé »je l'appelle entre deux respirations, je ne pousse pas, le bébé lui seul pousse.

Mes yeux fermés, je vois toujours cette lueur. La lumière jaillit soudainement, j'ouvre les yeux brutalement mon bébé sort, ma petite merveille voit le jour! Il est 3H46.

Les larmes coulent sur mes joues, je suis haletante, heureuse...une nouvelle contraction les épaules passent, tu est éjecté de mon corps.

 

Tu es là, toi mon bébé, je t'ai donné la vie, nous avons parcouru ce long chemin ensemble, on ne s'est jamais lâché...tu es beau. La tempête s'éloigne soudainement. La sérénité, le calme, la joie, la vie prennent place dans notre chambre.

Je te regarde, mes yeux descendent sur ton corps : oh..c'est un garçon...chéri c'est notre garçon, c'est lui, c'est Barnabé! ( nous nous étions gardés la surprise pour le sexe, mais nous étions étonnement convaincue qu'on aurait une 2eme fille !). chéri et moi avons le regard embué de bonheur.

 

Ces quelques secondes de découverte de notre fils paraissent une éternité. Puis l'instinct reprend le dessus : j'enlève mon haut de pyjama violemment. Il me faut mon bébé contre moi, que je le hume, le touche, le ressente...prolonger cette cohabitation,intérieure.

 

Je le prend tout contre moi, J. ( que j'avais complètement oublié ) m'installe des coussins dans le dos. Mon petit bébé cherche déjà a téter. Malheureusement le cordon est un peu court et malgré les diverses contorsions, tu n'arrives a prendre le sein. Tu es quand même très calme. Nous attendons que le cordon cesse de battre avant de le couper., soit environ ½ heure.

 

Je demande a J. de vérifier mon périnée. J'ai peur du verdict. Intact!juste une petite éraillure!ouf!

 

J. commence a s'impatienter de voir le placenta sortir. Une fois le cordon coupé, chéri prend Barnabé en peau à peau. Je regarde mes 2 hommes : ils sont en tête à tête, communiquent par le regard, leur échange semble si intense...

De nouvelles contractions se font sentir. Beaucoup moins intenses que celles qui ont précédées, et pourtant j'ai du mal a les supporter. D'un coup, le placenta sort!je comprend pourquoi on appelle cela la délivrance! Ça y est mon accouchement est terminé. J. s'affaire autour du placenta ( chéri l'enterrera dans le jardin demain matin..). J. me propose de prendre une douche. Oh oui, j'en ai envie! Le chemin jusqu'à la salle de bain est moins difficile qu'il y a 3h auparavant! La douche me délasse, toute la fatigue s'est envolée, j'ai un sourire béat aux lèvres.

 

Je retrouve ma chambre : J. et chéri m'ont refait le lit. hmmm je vais être bien avec mon bébé, en peau a peau.

Je m'installe, J. finalise le cote administratif. Chéri est descendu au rez-de-chaussée lui préparer un thé. . Nous sommes toutes les 2, chéri nous a laissé quelques instants entre femmes. Elle assise sur le lit, moi allongée avec mon fils nu, endormi contre moi. Cette relation de confiance instaurée au fil des mois, sa douceur, sa chaleur font qu'elle restera une personne unique a mes yeux. Elle a respecté mes choix, nos choix, et a respecté mon bébé dans sa naissance. C'est une belle personne.

 

Il est 6h30 ce matin là quand J. part de chez nous. Un matin comme tant d'autres. Mes yeux plongés dans ceux de mon enfant né chez nous, librement, naturellement, dans l'amour et la douceur.

 

Nous nous couchons tous les 3, Barnabé trouve le chemin de mon sein...



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titi 18/04/2013 13:53

quelques larmes apres la lecture c juste magnifique !! une belle histoire vecue et racontée par une belle personne et surtt une belle maman toujours a la hauteur pour ses enfants des bisous ma
copine !!!!

Angélique 16/04/2013 15:10

Merci a toi de m'avoir lue
Merci a toi de m'avoir publiée
Ce recit est aussi pour démontrer que nos choix peuvent être respectés...

millet 16/04/2013 11:34

c'est si beau !!!! émouvant !!! les mots sont si justes !!!! plein de bonheur pour cette nouvelle famille !!!

Lalotte 16/04/2013 11:29

Wahouu! Halletant... Je ne trouve pas les mot pour te dire plus beau que beau.
Magnifique.