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L'école

J'adorais l'école quand j'étais petite. Je ne sais pas pourquoi, mais j'adorais ça !

Sans doute grâce à quelques instits qui ont su me donner le goût d'apprendre.

Sans doute grâce à cette maîtresse (bon, j'étais un peu la chouchoute) qui répondait à mes questions avec passion.

Sans doute grâce à ce maître qui me considérait comme un "être à par entière" et qui extasiait sur ma soif de savoir.

J'aimais l'école.

 

J'étais dans une petite école de campagne. Nous étions entre 20 et 25 par classe. Des profs investis, me semble t il, suivis d'une municipalité qui savait rester à sa place, mais qui s'investissait du mieux qu'elle pouvait pour ces petits habitants. On ne manquait de rien.

Ces instits, on les respectait sans qu'ils aient besoin de lever la main sur nous. Je n'ai pas de souvenir de maître menaçant un élève de le taper, un tour "à la porte" suffisait à remettre en place un élément perturbateur (si on peut dire ça) et encore, cela restait assez rare.

 

Peut être parce que la charte des droits de l'enfant était dans les pensées de tout le monde (et accrochée dans pas mal de salle classe).

Peut être parce qu'on était trop naïf, à l'époque.

Peut être parce que la majorité de nos instits avaient été des soixante-huitards et qu'ils avaient une approche de l'éducation différente.

Peut être qu'ils étaient encore animés par cette soif de changement qui les avaient motivé à battre le  pavé quelques années plus tôt.

Peut être parce qu'ils savaient que par leur enseignement, ils avaient la possibilité de faire évoluer les moeurs, eux qui avaient appris à écrire et à lire dans les écoles où filles et garçon étaient "différents".

Elle était bien mon école !

 

 

J'aurais aimé que pour ma fille ça soit pareil.

 

Ça débutait bien. Depuis toute petite elle voulait tout savoir.

J'ai tellement aimé entendre les premiers "c'est quoi ?", puis j'ai répondu avec joie à ses premiers "pourquoi ?".

Je lui apprenais avec joie et elle enregistrait tout.

Vraiment, j'y prenais plaisir et elle aussi !

Elle s'est passionnée pour dieu et ses différents disciples. La mort l'a aussi beaucoup intriguée, tout comme la naissance d'une vie. Et les dinosaures, ah les dinosaures...

Et puis elle voulait lire, elle veut tout le temps lire.

J'ai répondu à ses questions comme j'ai pu, sans lui mentir mais sans être trop direct non plus, je pense que ça l'a satisfaite. 

 

Quand elle a eu 18 mois, l'entourage a commencé à me parler d'école. Elle n'était encore qu'un bébé mais il fallait déjà penser à son avenir scolaire.

Je rêvais d'une école Montessori (avec du recul, je me dis que c'est vraiment ce qui lui aurait fallu)...

Finalement, nous avons opté pour l'école publique, pour l'égalité des chances, pour la fraternité, pour la liberté, pour l'Ecole de la république.

Qu'elle ne fut pas ma déception...

 

J'ai pourtant sélectionné avec soin l'école publique où elle irait.

Je ne voulais pas d'une école où ils seraient 40 par classe, je ne voulais pas d'une école où la maîtresse est respectée grâce à une main droite un peu trop leste, et en aucun cas je ne voulais que son apprentissage de la socialisation passe par la ridiculisassions ! Non !

Nous avons choisi une école de quartier.

Une école avec moins de 30 élèves par classe.

Une école où chaque classe à son niveau.

Une école qui cache bien son jeux...

 

Je suis déçue !

Je suis même en colère contre cette éducation nationale qui compare nos enfants à des billets !

Je suis en colère contre cette académie qui demande des comptes, qui veut faire du bénéfice !

Je ne comprends pas cette municipalité qui préfère mettre des centaines de milliers d'euros dans des expositions saisonnières plutôt que dans des manuels scolaires !

 

Je suis triste de voire que la maîtresse de ma fille n'a jamais le temps...

J'en viens même à me demander si elle s'y connaît un peu en pédagogie...

Je la sens fausse.

Elle me déçoit.

Il n'y a aucune communication avec les parents qui n'ont, au final, pas leur mot à dire.

 

Il y a un peu moins de 10 ans que j'ai quitté ce système scolaire. Durant cette période où je suis devenue une jeune active, je me suis toujours intéressée à l'éducation national. Peut être parce que j'ai toujours rêvé d'être prof...

Je ne comprenais pas les plaintes des parents, des enseignants.

Je ne comprenais pas toutes cette violence, tout ce "bâclage".

Je ne comprenais pas toutes ces manifs.

 

Maintenant que ma fille fait parti de ce système scolaire, je n'ai jamais été autant en colère contre cette société qui nous arrache nos enfants pour en faire des moutons !

Quand je vois que ça marche à la fessée, qu'il n'y a aucune place pour la moindre pédagogie, pour la moindre compréhension ou même pour le dialogue, j'ai mal.

J'ai mal pour cette Ecole que j'aimais tant et que ma fille ne connaîtra pas.

 

Je souhaite m'investir dans la scolarité de ma fille, mais je ne peux pas. Je n'ai pas mon mot à dire, je ne suis qu'un parent d'élève à côté de la plaque qui prône la non-violence et l'égalité. Je suis une parents d'élève qui s'occupe trop de sa fille.

Putain, j'ai les boules !!!


Quand depuis des mois, on bataille à la maison pour éradiquer la violence et la crainte de l'autre, quand enfin on voit des changements sur notre fille, alors on apprend que la maîtresse met des fessées à tour de bras. On apprend que face à une petite fille qui tape, mort et griffe la réaction de la maîtresse est de dire aux autres enfants de se défendre...

Je sais que je dois laisser mes enfants quitter le nid, mais je ne suis pas tranquille quand elle va à l'école.

Je n'ai pas confiance en cette équipe enseignante ; ma fille rentre tous les jours "abîmée".

Je sais que ma fille est loin d'être un ange et qu'elle est même plutôt casse-cou, mais je suis sensé penser quoi de cet énorme bleu sur son bras ? Un bobo dont elle est venue me parler d'elle même, en me racontant que la dame qui fait le danse l'a attrapée au bras et "secouée comme ça" pour qu'elle vienne danser alors qu'elle était fatiguée...

Et cette maîtresse qui trouve ma fille arrogante et trop curieuse ? Cette maîtresse à qui je veux faire part de mon inquiétude et qui me répond "On a tous des soucis avec nos enfants. Le mien est autiste."

 

...


Depuis qu'elle va a l'école, ma fille régresse.

Elles est formatée et façonnée pour mieux rentrer dans le moule du parfait petit mouton.

 

Ma fille se faisait une joie d'aller là l'école... avant.

Aujourd'hui, je suis obligée de batailler pour qu'elle y aille. Elle n'aime pas aller à l'école, elle veut rester à la maison.

Elle pleure.

Elle est paumée. 

Et moi aussi. Mille questions me traversent l'esprit...

Dois-je la changer d'école ? Il parait que les autres écoles sont pires...

Dois-je me résoudre à ce que l'éducation nationale me décharge de mon rôle de parents ? Ils n'aiment pas avoir des parents dans leurs bask'...

Dois-je lui faire l'école à la maison ? Je pourrais satisfaire sa soif d'apprendre mais je freinerai son besoin de socialisation... 

 

Je ne sais pas. Je ne sais plus.

 

Pour l'instant, elle est en petite section et elle n'aime pas l'école.

Déjà.

Il n'y a aucune obligation. Pas encore. 

Alors elle n'y va que quand elle demande. Enfin, quand elle n'est pas malade.

Je la mettais surtout le mardi parce qu'il y avait danse et qu'elle adorait ça. Mais maintenant elle dit que Cristelle (l'intervenante en danse) est méchante, elle a peur d'elle.

Mais ils attendent quoi de ces gamins de 3 ans ??? Qu'ils soient de parfait petits objets qu'on manipule à notre guise ? 

Peut être pensent ils que nos gosses manquent d'autorité....

Sans doute pensent ils qu'ils manquent de fessés...

Alors ils se permettent de prendre notre place de parents.

Mais ce n'est pas leur rôle, non ?

 

Putain !!! J'ai les boules d'être obliger d'en faire un mouton craignant l'autorité !!!

 

Et franchement, pourquoi s'étonner qu'un gosse de 15 ans tape un prof alors que ce même enfant est menacé et méprisé par le corps enseignant depuis ses 3 ans ?

Il y a 1 an, ça me choquait. 

Aujourd'hui beaucoup moins.

On met cette violence sur le dos de la télé, des parents, mais en même temps, un gosse qui se prend une fessé par son instit parce qu'il est trop curieux à 3 ans, ça ne m'étonne pas que rendu à l'adolescence, il se mette en rebellion contre ce système scolaire et qu'un pauvre prof prenne pour tous les autres. Pas vous ?

 

2012-0658.JPG

 

 

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À propos

Marie

Maman de trois enfants {I. 6 ans, M. 3 ans, E. 18 mois } passionnée par l'éducation positive et respectueuse, je partage ici mon quotidien de bretonne sur le chemin de la non violence éducative. Vous y trouverez aussi tous plein de petits bonheurs, mes coups de cœur et tout ce qui ponctue mon quot
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shirleyzepap 06/02/2013 00:20

Je suis 100% d'accord avec toi. J'ai la chance que Romane soit dans une petite section de maternelle sympatique, où l'on ne parle pas d'appréciation sur les capacités des enfants. Ma nièce du même
age a déjà eu deux "examens", avec des smiley content / pas content selon comment ils tiennent leur crayon. C'est effrayant. J'ai eu en petite section de maternelle une maitresse odieuse, qui
m'appelait devant tout le monde "la lanterne rouge" car je rêvais sans cesse. Une année troublée qui a laissé des sequelles et beaucoup de solitude.

Parent Autrement à Tahiti 04/02/2013 08:20

Votre article m'a énormément touché. J'ai été enseignante, j'ai maintenant fait le choix de l'école à la maison pr mon enfant pour lui éviter tout ce que vous décrivez...

Car tout ça est bien réel, la flamme qui s'éteint, la violence (oui même "etre secouée" c'est de la violence) par les professeurs et entre les enfants a qui ont a jamais appris à communiquer leurs
sentiments (normal puisque les adultes eux-même ne savent pas comment faire),le moule, l'exclusion du parent qui gêne car il s'investi trop dans la scolarité de son enfant ( ces même prof qui, au
collège, reprochent aux parents d'être démissionnaires), ...

Bref, tout ça pour dire, que selon moi, oui l'école maternelle "abîme" nos enfants, et que je vous soutiens de tout mon cœur dans votre coup de gueule !

Ps: il y a plein de moyen de pallier à la socialisation tout en faisant l'école à la maison, par exemple à travers notre association, on voit 3 fois par semaine le même groupe d'enfant, et bougeont
énormément pour faire des activités diverses, parfois même mon fils me réclame de rester à la maison... "L'école a la maison, c'est mille écoles différentes dans mille endroits différents "

Bon courage

Itmapie 06/03/2013 15:49



Merci beaucoup pour votre commentaire.


Je suis votre blog depuis quelques temps maintenant et je tenais à vous remercier pour tout ce que vous partagez, je me sens moins seul à avoir cette vision.


Si j'étais à Tahiti...


Au plaisir de vous lire.



Cécile 31/12/2012 19:16

Il ne faut pas non plus tout généraliser... Je suis du côté "enseignant", avec mon lot de désillusions aussi
Déjà, un enseignant n'a pas à lever la main sur un enfant, c'est interdit et c'est loin d'être le cas dans toutes les écoles. En tout cas, pas dans la notre...
Du coup, dire qu'un gamin de quinze ans qui tape sur un prof que c'est parce que l'école lui tape sur le système depuis des années... on ne sait pas quel est le passif de cet élève et son rapport à
l'école
Mais il faut bien voir aussi que l'école est devenue ce qu'elle est (ce que je ne cautionne pas, en ce qui concerne la violence) parce qu'on ne lui donne plus les moyens de faire mieux. Quand j'ai
eu mon concours il y a 10 ans, j'étais pleine de beaux projets, persuadée de transmettre des savoirs et des valeurs aux jeunes ados que j'ai face à moi.
Aujourd'hui, c'est la désillusion... On vend des réformes aux parents avec des dispositifs "d'accompagnement personnalisé" où les élèves se retrouvent à 36 face à l'adulte. Où est la
personnalisation dans tout ça ?
Je ne fais pas partie de ceux qui font grève justement, encore une fois, car je sais que ça ne change pas grand chose mais il faudrait aussi que les parents aient de vraies explications sur ce
qu'on nous demande de faire avec leurs enfants et pas des propos marketing et je pense que les parents seraient avec nous dans les rues pour défendre les droits des enfants...
J'espère que tu ne prendras pas mal mon message, je te lis depuis longtemps, mais là, ton article m'a un peu "bousculée" ! On ne peut pas faire une généralité de tout, il existe des enseignants qui
y croient encore et qui font aimer l'école aux enfants. Nous en tout cas, nous en avons une pour notre fille.
Mais je hurle quand je vois arriver la grille académique en fin de trimestre avec une évaluation d'un bout de chou de trois ans. Ils auront bien le temps d'être évalués plus tard !

Cleophis 28/12/2012 00:02

Tu me fais peur, j'en ai les larmes aux yeux à penser ce qu'endure ta fille et à me dire que la mienne commence l'école l'année prochaine ! Ce n'est pas normal que les instits frappent les élèves,
il faut vraiment que tu le signales, quitte à passer pour la mère chiante, il en va du bien-être des enfants ! Bisous

Nanou 27/12/2012 19:19

Bonjour, Je suis enseignante et tata d'une petite de 3ans. Dans n'importe quelle école, les enseignants ont l'interdiction de lever la main sur les élèves. Si c'est le cas comme ta fille le dit,
c'est ton devoir de le signaler à la directrice. Après, reste à connaitre la véracité de ses propos : à 3 ans, on en raconte bcp surtout si Maman est réceptive...
De plus, je suis étonnée de l'emploi du temps irrégulier de ces petits de maternelle qui vont à l'école quand ça leur plait. C'est rare qu'une enseignante propose ça car ils ont besoin de repères
et de rituels. "Papa est au travail, Maman à la maison et moi, je vais à l'école." Chacun sa place et chacun sa vie.
Pour te rassurer, sache qu'il y a des ecoles top : il y a des enseignantes concernées, affectueuses, patientes, à l'écoute des parents comme des enfants. Ne sois pas dejà blasée !!!
Cdt