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Dans la chaleur de notre foyer

J’ai vécu un accouchement parfait, unique.
Je suis comblée.
J’ai senti mon enfant naitre, je l’ai accompagné vers la vie.
J’ai été maitre de mon accouchement, accompagnée par une fée.
J’ai pu donner naissance à mon troisième enfant comme je le souhaitais.
J’ai pu avoir le choix grâce à une femme incroyable.
Je crois que je ne la remercierai jamais assez…

 

 

 

 

Cela faisait donc quelques jours qu’un pré-travail me minait le moral, me faisant y croire chaque jour, chaque soir… De faux espoir mais pas de faux travail.

 

 

Chaque jour, j’ai pu observer mon corps se préparant pour le grand jour.

Chaque jour, un petit quelque chose me faisait savoir que le jour "J" approchait.

 

 

 

 

Mardi 11 mars.

 

C’est le cœur léger que je me lève. Cela fait quelques jours que BabyCadet et L'Aînée sont chez mes parents. C’est les vacances. La veille, ils m’ont beaucoup manqué, alors aujourd’hui je passe la journée avec eux ,chez mes parents ! Nous irons à cette exposition sur les dinosaures ; je leur avais promis.
Quelques contractions se font sentir mais rien de bien différent quant à celles des dernières semaines.

 

Lors de notre visite de l’exposition, deux contractions me font m’arrêter et souffler un peu.
C’est pour bientôt, je le sens.
Avec mes loulous, je profite de cet instant qui, je pense, sera le dernier à 2 frangins !
Puis il y a ce quelque chose qui se passe en moi, cette sensation qui m’avait envahi la veille des plus belles rencontres de ma vie…

 

Je rentre gouter chez ma maman qui n’y croit pas pour cette nuit ; en même temps depuis l’exposition, aucune contraction n’est apparue.

Il est l’heure de rentrer.

J’embrasse fort mes amours. J’ai du mal à partir, eux ont du mal à me quitter. Les derniers bisous qui ont le goût de la fin d’une aire…

Une fois dans ma voiture, me voilà en train de pleurer.

J’y crois. C’est sur, c’est pour ce soir ou demain !

 

 

En arrivant à la maison, je trouve chéri qui est déjà rentré du boulot. Je lui fais part des contractions qui m’ont fait m’asseoir dans l’après-midi quand une nouvelle contraction me force à souffler… un peu.
Je lui dis que pour moi, c’est pour ce soir ou demain. Je le sens un peu paniqué…
Le parrain de notre PetitPoisson proposait un petit apéro. Je n’ai pas spécialement envie d’y aller, j’ai envie de rester chez moi dans ma bulle. Je propose à Chéri d’y aller sans moi, je crois que ça lui fera du bien…

 

Pendant ce temps, je lis un peu. Je me détends…

 

Chéri rentre vers 20h30. Je n’ai pas eu de nouvelles contractions mais j’ai ce sentiment, ce ressenti…

 

Nous dînons. Deux contractions me font stopper notre discussion ; je souffle, j’ai un peu mal, surtout au dos.

 

 

 

21h30.

Une nouvelle contraction me serre de nouveau.
Une nouvelle, 5 minutes plus tard.
Je sors mon ballon. Il me soulage ce ballon !

Je commence à compter.

 

 

 

22h30.

Je contracte toutes les cinqs minutes depuis une heure, mais rien de très douloureux.
Je suis assez excitée, je me dis que ça se lance, mais que j’ai le temps.
Je suis persuadée que j’aurais le même accouchement que pour mes aînés. Je me vois contracter comme ça pour la nuit. 

 Peut-être que nous rencontrerons notre PetitPoisson le lendemain, certainement en fin de journée.

 

J’ai envie de crêpe !

Chéri se lance, c’est lui le roi des crêpes à la maison !


Puis, il attaque la mise en place du salon pendant que je me balance sur mon ballon avec toujours ces mêmes contractions régulières mais pas vraiment douloureuses. J’ai besoin de marcher, aussi ; alors je fais les cent pas autour de l’îlot de la cuisine.

Les contractions ralentissent, j’en profite pour aider Chéri à faire le lit.

 

 

 

0h00.

Nous sommes le 12 mars, ça y est !

 

 

 

Les contractions se font sentir de moins en moins. Par contre j’ai une envie incroyable de dormir.
Le sommeil me tombe dessus sans vraiment prévenir. Heureusement, Chéri a déjà fini de préparer le canapé en lit où je me vautre littéralement et m’endors sans broncher.
Pendant ce temps, Chéri continue les préparatifs.

Il remarque que je gémis pendant mon sommeil, il se doute que je contracte… Vers 3h30, il s’endort, enfin, à mes côtés.

 

 

 

4h30.

Je sens une grosse perte. Je cours dans la salle de bain. Nouvelle énorme perte. Bon, c’est sur, j’ai fissuré la poche des eaux.
C’est alors qu’une énorme contraction me plie en deux. Nouvelle perte.

Je reviens au salon pour prévenir Chéri.

Nouvelle contraction. Ça fait mal ! Trop mal !

Et Chéri qui ne se réveille pas !

Et ça coule, et j’ai mal !

Je commence à lui brailler dessus. J’ai trop mal, ça va trop vite !
Les contractions s’enchainent et puis j’ai peur pour mon bébé. J’ai peur qu’il soit en souffrance.
Je demande alors à Chéri d’appeler notre sage-femme. Il émerge, ne comprends pas trop.
Les contractions s’enchainent. Je suis à genoux sur le fauteuil, je souffle, je râle à chaque nouvelle contraction.
J’ai à peine le temps de prendre mon souffle entre deux.
Ça me fait paniquer ! C’est trop violent, trop rapide !

 

 

5h07.

Chéri appelle, notre sage-femme qui lui annonce qu’elle se met en route immédiatement. Il lui fait part de mes peurs, elle le rassure et lui me rassure en me rapportant ses mots.

Chéri fignole les préparatifs.

La télé et les lumières sont encore allumées, ça m’agresse ! J’éteins tout.
Chéri allume des bougies.
J’ai chaud, tellement chaud ! Je m’effeuille alors sauvagement entre deux contractions avant de me jeter sur le lit mais je suis mal à l'aise...

Les contractions s’enchainent avec une violence que je n’aurais pu imaginer… Soudain, j’ai peur encore plus : et si je devais endurer ça pendant 10h ?

Impossible, je ne pourrais jamais !

 
Je me suspends à l’écharpe de portage que Chéri a accroché à l’escalier, ça me soulage...  ça m’aide beaucoup à m’étirer pendant les contractions.
Puis je crie, je râle, je gémis… Je suis devenue un simple mammifère qui va donner la vie.
Chéri doit aller bouger la voiture, pour que notre sage-femme puisse se garer au plus près de la maison, mais je ne veux pas qu’il me quitte, j’ai trop peur, j’ai trop mal. Je m’accroche à mon homme lors d’une nouvelle contraction puis il me laisse quelques minutes.
Je ne fais que dire que c’est trop violent, trop intense, que j’ai mal.
Et je gémis…

 

 

 

5h40

Ma chère sage-femme arrive.
Sa voix me soulage.

Je suis pourtant en train de crier à son arrivée mais la savoir près de nous me rassure.
Les contractions ont encore augmenté en intensité, j’ai à peine le temps de reprendre mon souffle entre deux. Ma sage-femme demande à vérifier l’ouverture du col, mais j’ai encore une contraction et refuse d’un ton assez sec. Une fois la contraction passée, je m’allonge sur le côté. Nous sommes dans la cuisine, sur le carrelage… Elle m’ausculte.

 
Je suis à 9 !
Je n’en reviens pas !

 
Elle cherche le cœur de mon PetitPoisson avec le monitoring, cœur qui ne réagit pas très bien…
Elle annonce alors, « il va falloir y aller ».
Chéri ne comprend pas, il croit qu’il va falloir que je pousse. Moi, bizarrement, je ne panique pas, j’ai tellement confiance en cette femme que je sais que si elle décide d’un départ à l’hôpital c’est qu’il le faut. Elle demande à Chéri si un sac est prêt. Là, il comprend. Pour lui tout s’effondre…
C’est alors que je me mets à 4 pates sur les conseils de ma fée accoucheuse.
Le cœur de mon PetitPoisson aime beaucoup mieux. Il remonte à la normal et moi je suis beaucoup mieux dans cette position. Je sens que ça pousse, j’ai l’impression qu’il arrive.

 

 

 

A partir de là, je n’ai plus aucune notion du temps… Je suis dans ma bulle, guidée par les voix de cette femme et de mon amoureux…

 

 

Je sens que mon bébé pousse, j’ai mal.

Ma fée me dit de pousser si j’en ressens l’envie. Je crois qu’à cet instant le cœur de PetitPoisson faisait encore des siennes… Et j’ai mal.

Ma chère sage-femme a peur pour la cicatrice de ma césarienne et me demande plusieurs fois si c’est cette cicatrice qui me fait mal. Mais non, ce n’est pas la cicatrice qui me fait mal, c’est ce travail si violent, si rapide…

Je pousse une longue fois pour aider mon bébé à passer le col.

Je le sens passer un cap.

Puis tout se calme…

Tout ralenti…

 

 

Chéri et ma fée me soutiennent pour je puisse m'installer sur le canapé, j’y serais mieux que sur le carrelage de la cuisine !
Je me jette sur un tas de coussins et de couettes, je garde cette position de quatre pattes qui me convient et qui facilite la descente de mon bébé vers la vie.
Je suis dans ma bulle à accompagner mon bébé qui me quitte doucement.

Ma fée me masse le bas du dos.

J’ai toujours mal dans le bas du dos mais les contractions sont différentes, presque sans douleur.

 

Chéri est là aussi, il me caresse le visage.

Tout est si doux, si parfait.

 

Je sens mon enfant descendre peu à peu dans mon bassin. Il avance tout doucement, je le sens.
À certains moments, je ressens cette envie de pousser ; à d’autres moments, je le sens faire le travail tout seul.
Je me repose.
Je m’endors, même !
Le travail ne ralenti pas, il se fait doucement.

Je sens mon bassin s’écarter sous l’avancée de mon bébé.
C’est si fort, si intense mais si doux.
Je suis avec mon bébé, je l’accompagne, je le guide vers notre rencontre. Je suis concentrée sur son avancée et sur ma respiration pour bien l’oxygéner dans cet effort . Je suis envahi d’une confiance incroyable, je n’ai jamais eu si confiance.

 

 

Dehors, les oiseaux chantent… Chéri m’en fait part.

J’avais dit qu’il arriverait avec le chant des oiseaux…

 

 

Et là, tout se réveille !

Bébé est là, prêt à sortir ! Il a besoin de moi !

Je deviens lionne, je suis si forte !

Chéri m’encourage, ma fée aussi.

Il est là ! Il arrive !

Je pousse une première fois. Le haut de sa tête est sorti.

Chéri pleure, il n’en revient pas. Il m’encourage, bébé est presque là.

Nous attendons qu’une nouvelle envie de pousser se fasse sentir, puis je pousse une nouvelle fois.

Sa tête est sortie. Chéri pleure de plus belle.

Je pleure aussi, je n’en reviens pas, tout est si parfait.

Chéri me dit qu’il est beau, notre bébé, qu’il est paisible, qu’il attend que je l’aide à sortir.

 

Le temps s’arrête. Mon bébé va naître.

 

Une nouvelle envie de pousser me fait sortir de moi-même. Je pousse tout en soufflant doucement.
Les épaules sortent puis son petit corps…

Chéri pleure à chaudes larmes.

Notre fée réceptionne l’arrivée de notre fils et me le passe entre les jambes.

Je l’attrape et le sers contre moi, mon bébé.

 

 

Nous y sommes arrivés, je n’en reviens pas !

 

 

Je le sers contre mon cœur.

Il est tout chaud, il pleure, il est si beau !

 

Je suis caché sous ma couette, dans ma grotte, et je découvre cet enfant que j’ai porté pendant 9 mois tout pile.

 

Chéri et ma fée me laissent ce temps rien qu’à moi… Puis ils m’aident à me retourner et Chéri découvre son fils.

 

Nous sommes si heureux ! Nous pleurons à deux, à trois !

Notre fée se retire quelques instants nous laissant à notre bonheur tout neuf.

 

 

 

Mon bébé tout neuf est contre moi.

Un premier peau à peau au cœur de notre maison devant le feu de la cheminée, mon homme m’entourant de son amour.

 

 

 

Instant magique. Instant unique.

 

 

 

Il est sur moi, il cherche à téter et réussit à attraper ce sein qui le fera grandir pour les mois à venir.

Notre première tétée.

Je suis si… tellement… heureuse !

 

 

 

Quelques contractions se font sentir, le placenta doit encore sortir.

On attend, un peu.

Notre fée propose que l’on coupe le cordon, cela fait quelques temps qu’il ne bat plus. Chéri se charge de couper ce lien physique qui me relit encore à mon bébé.

 

Instant émotion…

 

Une contraction et le placenta sort.

Il est entier. Chéri et notre sage-femme font, à ma demande, l’empreinte de cet arbre de vie.

 

 

Voilà, tout est fini…Tout commence.

 

 

Chéri prépare le petit déjeuné pendant que j’admire mon œuvre.

Il est beau, il est parfait !

Un café chaud, un jus d’orange frais, des crêpes et de l’amour, plein d’amour !

 

 

 

Edern est né, ce mercredi 12 mars 2014 à 7h45, dans notre salon.
Il pèse 3,500 kg, poids qui me surprend mais qui me ravit.

 

 

 

Notre fée est restée pendant deux heures près de nous, aidant Chéri à remettre la maison en ordre, nous surveillant moi et mon bébé ; puis elle est partie, nous laissant dans notre bulle merveilleuse.

 

 

PetitPoisson est resté en peau à peau contre mon coeur toute la journée.

Mon bébé…

 

 

 

Il aura son premier bain pour ces 8 jours, 3 jours après avoir perdu son cordon.

 

edern-1355gdc.jpg

 

 

Edit :

Son cœur ralentissait quand ma fée est arrivée. A l’hôpital, je serai resté allongée en position gynéco, j’aurais, sans doute, eu une césarienne pour détresse fœtale. En changeant de position, tout est rentré dans l’ordre. Mon bébé avait son cordon contre son épaule et lors des contractions, il appuyait sur ce cordon ce qui réduisait son apport en oxygène et faisait ralentir son cœur. Une fois à quatre pattes, plus aucune pression ne comprimait son cordon et il a pu arriver tout doucement.

 

 

 

 

 

 

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Marion 12/03/2016 08:40

Ah trop beau! Je compatis à ta soiffrance, j ai accouché 3fois sans péri, la premiere: 23h, la deuxieme: 1h45, la troisieme: 2h bah j ai bien souffert pour la 1h45 pfiouuu trop trop rapide, dilater en 1h45, sorti en 2poussees express en 1minute oO fallait qu elle sorte lol.
Je suis ravie de n avoir jamais eu de péri :)

Oryann 12/03/2016 08:13

Lire cet article le 12 mars à 8h00 c'est marrant quand même. Joli récit et quel accouchement :-)
Joyeux anniversaire PetitPoisson :-)

Cécile 25/07/2014 13:55

Tres emouvant comme recit, trop beau!
Tu avais eu une cesarienne pour quelle raison? Pour ton ainee ou ton cadet?
J'ai aussi eu une cesarienne et je garde espoir d'un accouchement normal pour le 2nd!:-/

bigmama 12/04/2014 15:40

ho c'est merveilleux !!
normal que j'ai poussé en lisant ton récit????

Itmapie 16/04/2014 15:50

Merci ! Ton com m'a fait tellement rire !!! Allez, poussez madame, poussez !

mama'gourou 09/04/2014 08:44

c'est un magnifique récit, quel bel accouchement, j'en ai les larmes aux yeux. bravo pour ton courage avec ce travail rapide.