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Césarisée

Elle aura bientôt 4 ans et demi... 4 ans et demi qu'elle me hante comme un fantôme.

Je la déteste autant que je l'aime. Elle fait partie de moi, même si je ne la voulais pas.

Je l'aime car je sais que sans elle je ne serai devenue la maman que je suis. Elle m'a fait me battre pour ne plus jamais ressentir ça.

Je la déteste car elle est le témoin de mes premiers pas maladroits de maman. Elle m'a fait souffrir sans que jamais je ne puisse vraiment en parler.

Elle ne se voit presque plus, au moins, il l'a réussi ma belle cicatrice. Mais au fond de mon coeur, elle est toujours là, béante, dégoulinante d'un mélange de sentiments qui me sert encore la gorge aujourd'hui.

J'ai mis du temps à pouvoir en parler. Je crois que je n'en ai parlé qu'ici... J'aurais voulu mettre des mots, de vrais mots sur cette douleur qui me sert le coeur dès que je parle de mon premier accouchement, mais à qui en parler ? Qui pouvait vraiment comprendre ce ressenti ? Après tout mon bébé était en bonne santé et moi aussi !


Mais...

Une césarienne, ça laisse des traces.

Une césarienne, ça fait tellement mal.

Une césarienne, ça peut tout planter.

 

Je croyais avoir pansé cette douleur avec la naissance de mon fils mais elle revient de plus belle avec cette nouvelle naissance qui approche. Elle revient cette boule de sentiments jamais évacuée qui me sert la gorge sans que je ne puisse crier ou pleurer. Elle a fait remonter en moi cette peur du couperet de la césarienne. Des milliers de "Et si" qui m'empêchent de trouver le sommeil. La peur de revivre ça. La peur de ne pas y arriver. La peur d'être incapable de donner la vie...


Mais j'ai rencontré une femme incroyable, je pourrais presque te dire que j'en suis amoureuse tellement cette rencontre et nos échanges me chamboulent. Elle est un condensé de bienveillance et de douceur, un être si simple et si fort qui me rassure. Je n'aurais jamais cru faire une telle rencontre en projetant cet accouchement à domicile.

Elle m'écoute. Elle a les mots qu'il faut.

Je lui parle sans retenue. Je lui fais confiance.

 

Dernièrement, nous avons abordé mes peurs.

Ma peur.

Cette césarienne.

Jamais je n'avais pu en parler de la sorte. 

Elle a accueilli mes mots sans m'interrompre. Elle a laissé remonter ces sentiments qui, comme ce 13 juillet 2009, ont finit par m'empêcher de parler. Elle m'a poussé à évacuer cette boule  oppressante de sentiments.

Elle m'a tout simplement dit de pleurer si j'en ressentais le besoin.

Pour la première fois, j'ai pleuré en racontant. J'ai pleuré, beaucoup pleuré, submergée par ce mélange de sentiments qui était bloqué depuis plus de 4 ans. Je lui ai tout raconté : la peur, la solitude, l'incomprehension, l'arrachement, la culpabilité, ... 

Pour la première fois, mes sentiments ont été accueilli sans qu'aucun mot ne tente de me rassurer.

Elle m'a écouté.

Nous avons abordé le temps de la salle de réveil. Ce temps où rien ne s'est déroulé comme je l'aurais voulu pour mon bébé. Cet accueil plein d'amour mais certainement trop violent pour un bébé arraché de sa maman. 

Elle a juste dit "pauvre bichette".

J'ai continué sur ce bébé anxieux qu'à toujours était ma fille. J'ai pu avancer ma théorie quant à ses pleures incessants et son besoin perpétuel de sa maman. 

J'ai pleuré. Beaucoup pleuré

 

Ça m'a fait tellement de bien.

 


 

 P1030971.JPG

 

 

 

 

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À propos

Marie

Maman de trois enfants {I. 6 ans, M. 3 ans, E. 18 mois } passionnée par l'éducation positive et respectueuse, je partage ici mon quotidien de bretonne sur le chemin de la non violence éducative. Vous y trouverez aussi tous plein de petits bonheurs, mes coups de cœur et tout ce qui ponctue mon quot
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celine 15/01/2014 13:12

Cette réflexion je l'ai eu...
Cette douleur je l'ai ressenti...
Et j'ai tout fait pour avoir un accouchement voie basse après cesarienne...
Mais mon petit prince en a décidé autrement, et j'ai dû préparer cette douleur à venir, cette opération et non pas cette naissance...
Et il y'a un mois et demi, j'ai donné la vie, en présence de mon mari, par césarienne (je n'ai pas accouché par voie haute comme ils disent dans le corps médical)... et j'ai vécu les premières
secondes de la vie de mon fils, le premier cri, puis j'ai laissé mon homme jouer mon rôle, faire du peau à peau, et assister mon bébé dans ses premiers moments... et malgré tout j'en garde un
meilleur souvenir que pour la première, même si la douleur a été présente une nouvelle fois... Pleurer, en parler aide alors qu'on entend encore souvent "t'as eu une cesa, beh t'as pas souffert
alors"... mais bien sur...

Mère Lacunaire 09/01/2014 12:01

Quelle belle rencontre, tu dois te sentir apaisée ou au moins en partie. Si seulement on savait tous écouter, juste écouter, on aurait tous moins de fardeaux à trainer !