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Avant je lui donnais des fessés... Mais c'était avant.

La fessé. Je n'étais ni pour ni contre.

Je pensais qu'une fessé, de temps en temps, ne pouvait pas faire de mal.

 

 

Elle a marché.

Elle a commencé à toucher à tout.

Elle a amorcé les bêtises.

Je lui ai expliqué une fois, mille fois.

J'ai commencé par dire non, une fois, mille fois.

J'ai amorcé une tape sur la main.

 

J'en avais marre de répéter...

Puis il y avait le boulot, le temps compté, l'organisation, le stress, la fatigue.

Un "non" répété pour la mille-et-unième fois. Sans doute un peu trop de fatigue et des soucis.

Un ras le bol de répéter, encore, et elle est partie, la première fessé.

Elle a pleuré. Elle n'a sans doute pas compris.

J'étais énervée. Ça m'a soulagée.

 

 

Terrible two ! La première rébellion. Il faut s'accrocher.

C'est là que sont intervenues nos premiers questionnements quant au chemin à choisir. On avait déjà une idée de la ligne qu'on voulait suivre pour l'éducation de nos enfants. On avait une destination : une enfant épanouie, bien élevée et sûre d'elle.

 

Mais quel chemin prendre ? Comment faire ?

On a improvisé, au fil des jours.

Les regards des autres, les conseils nous ont fait prendre un premier chemin (Avec du recul, je me dis que ce n'était vraiment pas le bon !) .

Nous partions du principe qu'on la prévenait lorsqu'elle "allait faire une bêtise" ( plutôt, lorsqu'on décrétait que ça allait être une bêtise). Si elle recommençait, on la punissait. Alors elle pleurait au coin, n'y restait pas 5 secondes et retournait faire sa bêtise. On la remettait au coin. Elle y retournait, encore. Ça nous énervait et la fessée partait.

Oh, biensûr, on culpabilisait à chaque fois mais après tout, tout le monde fait comme ça et puis ça soulage...


Il y a eu la grossesse, le déménagement, la naissance, l'école... Tous ce qu'il ne faudrait pas pour un petit terrible two.

La rébellion s'amplifiait, nos fessés aussi.


La routine...


Jusqu'à ce jour.

Elle était dans l'escalier à jouer.

Je me suis approchée sans bruit, pour voire ce qu'elle faisait dans son petit coin, je voulais juste l'observer. J'aime tellement la regarder jouer...

Alors que je m'approchais d'elle, elle s'est retournée.

Surprise, elle a levé son bras comme pour se protéger.

Ma fille avait eu peur, peur de moi sa maman qui l'aimait plus que tout au monde !

Ça m'a brisée !!!

J'ai pleuré. J'ai culpabilisée. J'ai eu si mal mais en même temps je le méritais, je l'avais cherché.


Etait-ce ce que je voulais ???


 Est ce que je voulais que ma fille est peur de moi ?

Oh, non, surtout pas, ce n'était pas ce que je voulais.

Je voulais que m'a fille ait confiance en moi, je ne voulais pas d'une enfant peureuse que je briderai par la crainte. Comment tisser une relation de confiance avec son enfant lorsqu'à à peine 3 ans, il vous craint déjà ?

Non, non, non ! Je ne voulais plus jamais ça !

Alors, il fallait que je me prenne en main. J'ai lu beaucoup. Je me suis posée mille questions. Jusqu'à entendre parler de l'éducation positive.

 

C'est quoi, l'éducation positive ?

Je dirais que c'est une façon de tirer l'enfant vers le haut. De valoriser les choses positives qu'il fait, plutôt que de blâmer les mauvaises attitudes ou actions. Il n'est pas question de carotte, oh non ; il s'agit de le valoriser, de lui montrer qu'il est capable. Il s'agit de lui apprendre à avoir confiance en lui, de l'impliquer, de le responsabiliser tout en définiçant des règles.


Sur le papier, c'était beau, mais comment l'appliquer ? Comment enlever ces mauvaises habitudes de "parents à fessés" ?

Avec l'Aînée, et Chéri nous nous sommes mis d'accord sur les règles qu'il devait y avoir à la maison. Nous avons mis l'accent sur ses points faibles du moment :

- être moins brusque : faire les choses doucement, ne pas taper, apprendre à se contrôler pour éviter de se faire mal ou de faire mal aux autres.

- écouter : apprendre à se poser pour nous écouter lorsqu'on lui dit quelque chose, apprendre à se concentrer.

- le respect : respecter les autres comme elle voudrait qu'on la respecte,

- parler : ne pas s'emporter dans des "comédies" mais essayer de mettre des mots sur un ressenti.

Ces règles étaient à appliquer pour chaque scène de la vie quotidienne.

Elle a compris, elle était d'accord.

 

Est alors arrivé le fameux tableau...

Un tableau tout simple. Deux colonnes. Une pour les règles respectées, une pour les "mauvaises" choses.

Un système de "bonhommes-contents", "bonhommes-pas-contents".

 

Chaque règles s'appliquant aux scènes de la vie quotidienne ; lorsqu'on faisait quelque chose, si elle respectait ces fameuses règles, elle avait 4 "bonhommes-contents". Sinon, selon ce qui s'était passé, c'était un "bonhomme-pas-content".

A la fin de la journée, c'est avec elle qu'on décidait. A l'aide de feedback sur la scène, on lui demandait son avis et elle nous disait quel bonhomme il fallait mettre. 

S'il y avait plus de "bonhommes-contents" que de "bonhommes-pas-contents", elle avait une petite surprise.

Rien de gigantesque, mais un petit truc qui lui aurait fait plaisir comme une sortie au parc qu'on prévoyait pour le lendemain, un bonbon, une longue histoire du soir, faire des bulles dans la baignoires...

 

Nous avons été assidu pendant 15 jours, le tableau s'avérant accessoire car elle avait compris.

Plus besoin de surprise, juste des échanges et des paroles valorisantes.


 

Le calme est revenu à la maison. Je cris moins. Il y a moins de stress. On profite plus.

Mais pour en arriver là, il a fallu nous rééduquer, nous les parents.

Oui, mais comment ? Je n'en savais rien...


J'ai tout remis en question ; mes attitudes, ma façon de considérer les autres, ma place de parent, de modèle, ce que je voulais... Pour finalement me rendre compte que les règles décidées avec L'Aînée s'appliquaient aussi pour nous.

- Se contrôler : ne pas partir au quart de tour, souffler, prendre du recule et revenir en parler.

Ça évite les mots blessant, les mots cinglant qui restent gravés à vie ; et puis ça évite aussi la fessée qui partent toutes seules et qu'on regrette dans le dixième de seconde qui suit. Comment lui dire d'être moins brusque si nous les parents nous nous emportons à la moindre occasion ?

- Respecter : respecter l'être qu'est notre enfant, comme on aime qu'on nous respecte, nous les adultes.

Comme les enfants, il nous arrive de ne plus avoir faim, de ne pas avoir envie de telle ou telle chose, de ne pas en aimer une autre. On a nos humeurs comme eux on les leurs. Ils pensent, il ont des envie, ils sont curieux, à nous de les soutenir dans le respect des autres et de leur personne. Comment lui inculquer la politesse si nous même nous ne la respectons pas ?

Écouter : apprendre à se poser pour l'écouter.

Rater 15 minutes du films pour un câlin d'amour, plutôt que de ne pas "entendre" son  besoin et de passer la soirée à faire des allers-retours dans sa chambre, pour finir par une fessée à minuit. Il vaut mieux louper le début du film, non ?

- Parler : Lui expliquer, prendre le temps.

Lui expliquer que ce soir, maman est fatiguée, que quand elle est fatiguée elle peut vite s'énerver, alors que ce soir on fait cool. Ça implique de considérer l'autre ; les bases de la vie en communauté ne seraient elle pas ça ?

 

Ça n'a pas été facile pour nous trois, il nous a fallu un temps d'adaptation, mais nous y sommes arrivés !


Comme je le disais, ça ne crie plus à la maison.

Oh, il y a encore des petits moments de crises...

Un chausson qu'elle ne veut pas mettre. C'est la fin de la journée, elle est fatiguée. Elle se mets à pleurer, ça sent la scène !

Et bien Plutôt que de me fâcher et que ça parte en vrille pour la soirée, je lui propose d'aller se calmer dans sa chambre et de redescendre quand elle en aura envie. Je lui explique que moi aussi je suis fatiguée et que je n'ai pas envie de l'entendre faire une comédie. Tampis pour les chaussons (ça, je ne lui dit pas ).

Alors elle monte dans sa chambre en pleurant toutes les larmes de son corps et redescend 30 secondes plutard pour mettre ses chaussons en disant "Ça y est, j'suis calmée". Et hop, gros câlin  et la soirée se passe bien.

 

On prévoit les choses aussi.

On ne la prend plus par surprise en lui disant "allez hop, tu vas au lit maintenant ".

Sous entendu, on a décidé que c'était l'heure d'aller au lit  donc tu montes et tampis pour ton prince playmo qui allait se marier avec raiponce, j'en ai rien a foutre, l'heure c'est l'heure !

Pas très respectueux...

Qui aimerait  qu'on viennent lui couper la musique en plein milieu de soirée alors que la fête bat son plein et que Dgidgi allait sortir son fameux rhum vanille, juste parce que c'est comme ça,  que c'est décidé et que ce n'est pas autrement. On aimerait pas, hein ?

(petit clin d'oeil aux gentils monsieurs de la marée chaussée qui nous ont demandé de couper le son le soir de notre pacs alors qu'il n'était pas 1 h #fêtedelamusique#motauxvoisinx#uneteufen20ans).

Maintenant on prévient, et on organise ; elle a des repère.

On se sert de l'horloge. "Quand l'aiguille est en haut, tu vas au lit, il sera 9h". On la prévient 10 minutes avant, 5 minutes avant, 2 minute avant, et là, elle scotch l'horloge en faisant un calin et monte toute seule.,

On a des petites musiques, aussi. J'ai piqué ça à la maitresse. Elle met une musique et quand elle est terminée, il faut que les élèves aient rangé les jouets et qu'ils soient au "regroupement". On fait ça pour mettre le pyjama, ranger les jouets...


On a finalement appris à considérer notre fille comme un être à part entière doté de conscience. Un être qui réfléchit, un être qui à des gouts, des envies mais un être qui découvre, qui apprend, pour qui toute nouveauté est incroyable, un être qui veut découvrir ce monde si vaste qu'on lui contait en nous caressant le ventre il n'y a pas si longtemps...

 

On ne la tape plus.

Elle est moins brusque.

On cris moins.

Elle ne fait presque plus de caprices.

On la respecte.

Elle ne loupe plus un "s'il te plait".

On prend le temps de l'écouter.

Elle nous parle.

 

Et si le secret c'était de ce servire ce ces petits "miroirs" si innocents pour puiser le meilleur de nous même ?

Ces petits miroirs qui reproduisent aussi bien la haine et violence que l'amour et la douceur...

 

fessepapa.jpg

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À propos

Marie

Maman de trois enfants {I. 6 ans, M. 3 ans, E. 18 mois } passionnée par l'éducation positive et respectueuse, je partage ici mon quotidien de bretonne sur le chemin de la non violence éducative. Vous y trouverez aussi tous plein de petits bonheurs, mes coups de cœur et tout ce qui ponctue mon quot
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Karya 21/12/2012 09:33

Je trouve ce billet très intéressant et bien expliqué.

Mon Papillon 17/12/2012 15:56

De blog en blog, j'arrive ici par hasard et là, je n'ai qu'un mot à dire : MERCI pour cet article ! Bon ok, ça fait 4 mots :-)
Mon BB n'a que 7 mois mais montre déjà un certain caractère, qui ne me déplait pas mais qui me fait "craindre" pour la suite :-) alors, justement, je m'interroge déjà sur "comment réagir"... et je
dois dire que ton billet m'a mis, je pense, sur un bon chemin, même si j'ai encore le temps... quoi que :-)
Cela me fait repenser un peu au concept de SuperNanny (on aime/on aime pas, c'est un autre débat) mais bcp d'écoute, d'explications sur la punition, une mise en place de règles claires et simples,
etc...
En tout cas, si ta remise en question/changement de comportement vous a tous fait évoluer, c'est une très bonne chose ! Alors BRAVO et merci pour ce témoignage.
Ps : comme Laetitia, je garde ce billet en mémoire pour + tard... :-)

Laetitia 17/12/2012 15:46

Salut, je vais copier ton post quelque part dans mon PC, parce qu'il est vraiment intéressant. C'est pas simple l'éducation! On s'en rend compte tous les jours avec notre bonhomme. Lui, il
s'exprime trés bien: content, pas content, interrogateur, surpris, curieux. On sait tout en regardant son visage. Mais nous, ses parents, on n'est pas tjrs trés clairs. Après la propreté, je vais
encore te piquer quelques idées........

lili 17/12/2012 13:06

idem, j'ai arrété la fessée. Je trouve cela bien mieux pour les enfants!

Emma June 17/12/2012 10:00

j'aime beaucoup ton témoignage et te trouves courageuse d'avoir su te remettre en question.
Perso, j'avais déjà beaucoup réfléchi à la parentalité et à l'éducation avant (avant la conception) et donc, l'éducation positive s'est imposée à moi. Je vois aussi de bons résultats (par rapport à
des amies qui ne la pratique pas)et suis assez contente même si je ne suis pas parfaite! Les clés c'est comme tu le dis: d'essayer de donner l'exemple par notre attitude, notre ton, etc. et de
savoir écouter l'enfant et se mettre à sa place.