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Normalisation lactée

J'ai moins de 30 ans, pas de bac et je suis loin d'être cadre.

Je suis hors statistique et pourtant j'allaite.
 

Je suis fière de ça. 

 
Et pourtant, c'était loin d'être une évidence pour moi.

Fille et petite fille de biberonnantes, je n'avais jamais vu une femme donner le sein.
La première fois que je me suis retrouvée en situation, c'était au cours de préparation à l'accouchement, celui sur l'allaitement. La SF m'a désignée pour montrer "comment on fait". J'étais gauche, je ne savais pas. Je n'étais déjà pas douée pour donner le biberon... Je lui l'ai d'ailleurs précisé et elle m'a répondu "essayez quand même, si ça se trouve vous y arriverez mieux qu'avec un biberon !". Elle avait raison...

 

Et cette question qui revenait tout le temps :
"Tu vas l'allaiter ."
À laquelle je répondais que j'allais essayer, qu'on verrait bien.
Et là, c'était parti !

On me cassait l'allaitement, on me faisait peur !
Ça allait me faire mal et me détruire les seins, et puis de toute façon je n'aurais pas de lait et si jamais mon lait n'était pas bon !?! Et puis je fumais, et puis je ne pourrais plus faire la fête, et puis c'est chiant et puis, et puis...
 

Seul ma belle-mère me parlait de ces allaitements.

Quand elle m'en parlait, son regard s'illuminait ! Elle avait ce truc différents des autres mamans biberonnantes que je connaissais. Ca n'avait pas toujours été facile mais les mots qu'elle mettait sur ses périodes lactées étaient si doux et plein d'amour... Elle m'a donné envie d'essayer.

 

Puis j'ai mis ma fille au monde par césarienne.

Accouchement que j'ai vécu comme un échec.
Je déteste échouer. Je me suis donc rattachée à cet allaitement, je voulais y arriver.
C'était difficile, mais je ne voulais pas échouer !

Certainement un BABI (Bébé aux besoins intenses), des crevasses, plusieurs lymphangites, des conseils, trop de conseils mais personnes pour m'encourager. Personne non plus pour m'aider. Des infos à foison mais toutes si contradictoires...

Mon bébé qui pleurait et qui pleurait...
"C'est sur, tu n'as pas assez de lait ! Es-tu sure qu'il soit bon ? Tu devrais le faire analyser ! Et si tu l'empoisonnes ! Passe au biberon, ça sera plus facile ! Ton lait n'est pas assez riche, elle a encore faim ! Sois résonnable et donne lui un biberon, tu ne peux pas la laisser pleurer comme ça ! Elle a faim, elle n'a pas besoin de tes bras ! Ne la porte pas, tu vas la rendre capricieuse ! il faut que tu achètes une boîte de lait si jamais ton lait arrête de couler !"

 

Ces mots résonnent encore dans ma tête...
Ils m'ont fait mal. Je ne serais donc qu'une incapable toute ma vie... Même pour nourrir mes enfants !

NON !!!

 

Ça doit être le fait d'être bretonne, ou peut être le fait d'avoir forgé mon caractère ches les basques, je ne sais pas, mais en ce dernier semestre de 2009, je savais, que pour rien au monde, je ne les laisserais croire qu'ils avaient raison avec les biberons !

Non, j'allais m'accrocher, m'informer comme je pourrais, mais j'allais y arriver !

Au moins jusq'à ces 2 mois... 
J'ai découvert la Leche League et des réponses à toutes mes questions.
J'ai découvert ce qu'était vraiment l'allaitement et je me suis passionnée.
Je ne soupçonnais pas que ce breuvage qu'on m'avait si négativement décrit pouvait être aussi incroyable, en fait !

 

J'ai passé le cap des 3 semaines avec le bon pic qui va avec !
Mais je ne me suis pas affolée, je connaissais le site de la  Leche League.
Nouveau pic à 6 semaines, il aurait fallu que je pense au sevrage. 
Non. Finalement, j'ai voulu essayer jusqu'à ses 4 mois. Puis 6 mois, puis les dents, puis la marche....

 

J'ai cru à un sevrage naturel, puis à une grève de la tétée pour me rendre compte (2 ans plus tard) que j'avais fait un sevrage induit.
13 mois et 13 jours de tétés quand même !!

 

Un premier allaitement que j'ai commencé en pensant au sevrage comme la plupart des femmes.
Parce que comme la plupart des femmes, mon bébé ayant à peine pris sa première bouffée d'oxygène, je songeais déjà à m'en séparer.
Parce que j'étais une femme, une amante, et que je ne voulais pas être qu'une mère.
Parce que j'avais été bien formaté.
Parce que je ne voyais pas la maternité comme je la vois aujourd'hui.

 

Puis cette deuxième grossesse, si longue, si torturante...
Et la peur, et l'angoisse...
Et enfin, les Seintes.
Des mamans incroyables qui parlent de l'allaitement sans taboue.
De Seintes femmes qui par leurs mots sur l'allaitement ont su me redonner confiance pour ce deuxième accouchement. Elles m'ont donnée envie qu'il sorte vite, ce fils. Elles m'ont donner envie de repartir pour cette aventure lactée. J'étais si impatiente de le tenir dans mes bras, ce fils, et de lui donner le meilleur des laits qui puissent exister pour lui.
Elles m'ont converti au pro-allaitementisme.
Amen.
(Si tu allaites, ou que tu souhaites allaiter dans les prochains mois, je te conseille vivement de les suivre par ici )

 

Il est arrivé mon Baby Cadet. Comme une fleur.
Un allaitement qui a démarré sur les chapeaux de roues !
Je n'ai presque rien à dire tellement tous c'est passé à merveille ( sauf un REF, peut-être l'APLV et encore que...).
Ça fait 10 mois, maintenant, qu'on y est dans cette deuxième aventure lactée.
10 mois déjà et ça n'est pas près de s'arrêter....

 

Quelques semaines après son arrivée, j'ai découvert le blog d'une nana. La maman d'une petite fille née 1 mois après mon boy, Working Mama
Elle m'en a appris des choses cette Working Mama ! Tellement de choses...
J'admire la confiance qu'elle peut avoir quant à ses choix maternels. Vraiment, elle me bluffe !
Sur sa page FB, j'ai aussi découvert qu'un terrible conflit existait entre les mamans.
Le fameux conflit biberonnantes/allaitantes que je ne comprends toujours pas mais que je subis tous les jours....

 

Il y a d'un côté les allaitantes (comme moi) qui surkiffent nourrir leur baby à la source. 
Il y a les biberonnantes (pas comme moi) qui prennent du plaisir à donner des biberons de préparations artificiels.

D'un côté, les allaitantes qui veulent informer, partager un maximum, pour que les autres mères sachent. Pour qu'elles sachent qu'avec les bonnes infos et le soutien qu'il faut, on peut y arriver. Elles ne sont pas là pour forcer la main, non, elles sont, juste, là pour partager, aider, peut-être. 
De l'autre côté, les biberonnantes qui clament haut et fort leur choix du biberon et qui contredisent à tous va la moindre affirmation concernant les breuvages des loupiots.

Je trouve ça tellement nul !

 

On est toute persuadée de donner le meilleur à nos enfants. On veut toute être les meilleurs.

Mais nous ne sommes pas parfaites. Nous sommes toutes des mamans qui font du mieux qu'elles peuvent, non ?


J'ai lu pas mal de "coup de gueule" de biberonnantes qui crient leur ras-le-bol des allaitantes/porteuses/cododoteuses.
J'ai lu des mots blessant.
J'ai lu des billets sans queue ni tête demandant aux allaitantes de, plutôt, se soucier de la malnutrition des petits africains que du lait artificiel qu'elle donnait à leur enfant.
J'ai découvert la mauvaise foi des unes et le désespoir des autres.
J'ai découvert beaucoup de culpabilité cachée derrière des mots violents, culpabilité qu'aucune n'admettra.
Je me suis rendu compte du mal-être des unes, comme des autres.

Un débat stérile qui, finalement, ne même nulle part.

 

Je n'ai jamais pris part au débat, mais j'ai envie, quand même, de donner mon ressenti de mamans allaitantes, parce que je me sens viser par des propos, pourtant, sans queue ni tête.

Dans mon expérience d'allaitement, je me suis toujours sentie seule.

Très peu de mamans allaitent où ont allaité autour de moi.
La plupart d'en être elles m'ont vaguement interrogée sur le sujet dans les jours précédant leurs accouchements mais rares sont celles avec qui j'ai pu en reparler après. Un sujet tabou.
J'aimerais tellement pouvoir en discuter avec elle sans pour autant les faire culpabiliser, pas le moins du monde, juste pour les aider à trouver des explications à certaines de leurs questions. Mais non.
Quand je nourris mon fils, je ressens une gêne des autres. Souvent.
Les gens partent, ils m'évitent du regard, ils sont mal à l'aise.
Pourquoi ? Je n'en sais rien.

Et si par malheur, j'arrive à glisser dans une discussion entre mamans l'allaitement, le portage, la DME ou le cododo, se produit alors une envolée de maman !

C'est impossible de parler de ses choix, de partager si on fait différemment des autres.

Pourquoi ?

 
Quand j'entends dire que l'allaitement est une mode, que c'est une façon de me démarquer, je ne comprends pas.
Je n'allaite pas parce que c'est à la mode, je ne sais pas pourquoi j'allaite.

Sans doute parce que j'aime ça.

Pourquoi vouloir donner le meilleur à son enfant, serait une mode au 21ème siècle, alors que depuis la nuit des temps c'est ce que toute mère veut ?
Pourquoi un acte naturel est-il aussi souvent décrié ?
Le naturel et la liberté feraient ils peur dans cette société où tout doit être contrôlé, calculé ?

Oui, j'en suis certaine, tout comme les sorcières faisaient peur les siècles passés parce qu'elles étaient des femmes, sans doute, un peu différentes. 

Quand je lis certains débats biberon VS boobs, je sens beaucoup plus d'agressivités de la part des partisanes de la tétine que de celle du mamelon, d'ailleurs heureusement qu'on ne brule plus en place publique parce que j'ai comme l'impression que certaines adeptes de la tétée auraient finies sur le bûcher.

Souvent on peut lire que les biberonnantes ont la pression, qu'elles ont l'impression d'être des mauvaises mères parce qu'elles n'allaitent pas.

Pourquoi ? Parce qu'elles ont deux trois remarques aux premiers biberons .
J'aimerai biens qu'elles se mettent à la place des allaitantes et qu'elles se rendent compte de ce qu'on se prend en pleine face !

Parce que nous ce n'est pas que quelques piques, non, c'est un combat de tous les jours qui commence à la seconde où bébé naît, jusqu'au sevrage et même après....

On a le droit au fameux florilège de remarques sur le bébé qui ne grossit pas ou qui grossit trop, le mauvais lait, le "pas assez de lait", les nuits qu'il ne fait pas pour cause d'allaitement, le sur-fusionnage avec maman, le manque de relation avec papa, les "il boit encore !", les "il est toujours collé à toi", les "moi, je pourrais pas" (personnellement, je n'ai jamais entendu une allaitante dire à une biberonnante "ha non, moi je ne pourrais pas lui donner le biberon"), et j'en passe....

Quand on a passé 3 mois à se battre pour imposer ses choix, 3 mois à rechercher des études prouvant le contraire des vieilles légendes urbaines qui nous ont hantés chaque jour, 3 mois à s'attacher à cet instant si précieux, et bien une fois lancées, on ne s'arrête plus ! On revendique l'allaitement !

Et passé 3 mois, on devient une bête de foire !

Les femmes regardent de loin.

Les hommes osent à peine tourner la tête de peur de caresser du regard un acte qui casserait leur vison sexuel du sein.

Les enfants sont intrigués, interloqués, choqués alors certains parents détournent discrètement le regard de leur progéniture, tandis que d'autres le collent sur ta meule avec un "il veut voir, il n'a jamais vu".

Bête de foire.

 

Sans oublier les éternels "mais tu l'allaites encore !" "Tu comptes l'allaiter jusque quand ?" 

On ne dira rien d'un enfant de 3 ans qui prend un biberon avant le coucher mais pour un enfant du même âge qui prend une tétée, on entend parler d'inceste...

 

...

 

Je pourrais terminer avec un tout simple "chacune fait son choix, et nanani et nanana..." mais non, je vais donner mon avis sur la question.
C'est une certitude, aucune préparation artificielle n'égalera jamais le lait maternel ! Même les Chinois en injectant des hormones humaines à leur plus bonne vache laitière n'y arriveront pas, non. Jamais !
Alors il serait peut-être temps d'arrêter de flirter avec l''hypocrisie, non ?


Je suis quasiment sûr que les laitières, qui parlent de l'allaitement, celles qui gonflent une biberonnante persuadée qu'on cherche à la culpabiliser, qu'en fait elles en parle juste dans le but d'informer. Oui, juste pour informer.

Il serait peut-être temps d'enlever les oeillères qu'on nous colle. De voir et d'accepter qu'on nous prenne pour des buses à nous faire croire ,depuis plus d'une soixantaine d'années, que le meilleur des laits est celui de Guigoz ou Blédina, non ?

Je ne dis pas que ces préparations artificielles sont des "poisons". Oh, non ! Elles ont sauvé beaucoup trop de petits bouts. Je suis simplement outrée de la façon dont de gros groupes industriels ont lavé les cerveaux des mamans depuis plus de 50 ans, juste au nom de l'argent. Ils ont réussi à faire de l'allaitement un acte anormal. Ils ont réussi à diaboliser ce sein dont la fonction première est de nourrir le petit homme.

Pour finir, j'aimerais faire une petite précision quant à la comparaison qu'on lit trop souvent avec les petits africains et leur problème de sous-alimentation... L'Afrique, continent en développement a rapidement fait de l'oeil aux industriels dont Nestlé qui proposaient, qui offraient, dans les années 70 des laits en poudre. Incitant, de cette façon, les mamans à ne pas allaiter. Hors n'est-il pas criminel de vanter les mérites d'une préparation nécessitant une hygiène méticuleuse dans des régions où l'eau potable n'est pas accéccible à tout le monde ?

Des dizaines de bébés empoisonner au nom du progrès, pour renflouer les poches de ces sociétés quottées en bourse. Une politique appliquée aussi bien en Inde qu'en Amérique du sud.

Je citerai pour conclure un article très intéressant que j'invite à lire par ici :  "Des études permettent d'apprécier l'étendue du désastre : ainsi, dans les régions rurales du Chili, le taux de mortalité des bébés nourris au biberon pendant les trois premiers mois de leur vie est trois fois plus élevé que celui des enfants nourris au sein. Dans les pays en voie de développement, chaque progression dans l'utilisation du biberon correspond à une recrudescence des affections gastriques et intestinales, très souvent mortelles. Malgré ces informations bien connues des firmes alimentaires, les campagnes publicitaires battent toujours leur plein. Et, bien souvent, on offre encore en prime aux mères, pour l'achat d'une ou deux boîtes de lait, un biberon. Ce biberon fatidique atterrira souvent, comme en Zambie, sur la tombe du bébé — offrande d'une mère endeuillée."

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Céline 10/08/2013 22:13

Je tombe sur ce site par hasard ce soir et que dire... Je suis émue de lire cet article, le début me ressemble! Oui le début car j'allais mon premier enfant depuis trois mois, et que je ne compte
pas m'arrêter! Malgré les déjà " il faudrait le sevrer maintenant que tu vas reprendre le travail". Non, jamais, j'espère toujours pouvoir lui offrir cette nourriture variée et pleine de bonnes
choses! Comme toi j'ai " raté" mon accouchement, la césarienne m'a traumatisé et a rendu la venue au monde de mon fils non-émouvante au possible. L'allaitement et sa réussite est ma petite victoire
a moi! Le lien entre mon fils et moi a commence lors de cette première tétée! Puisque je ne l'ai pas eu posé sur mon ventre des sa naissance...puisqu'il m'a été arraché pendant des heures avant que
je puisse le voir et le toucher...la tétée, c'est notre premier moment, et notre moment à nous, pour nous! Qui dureras très lontemps encore j'espère, les on dit, je m'en fiche!
Et chaque maman fait ce qu'elle peut, il n'y a pas a avoir de combat entre les bibs et les boobs, mieux vaut un biberon donne avec amour qu'une tétée donnée a contrecœur comme on dit! Mais il est
dommage que les bienfaits de l'allaitement ne soient pas mieux connus par tous, cela devrait être enseigné à l'école d'ailleurs...
Merci pour ce superbe site en tout cas!

shirleyzepap 06/02/2013 00:49

Je n'ai pas vécu la même situation mais je comprends ce que tu veux dire. J'ai décidé d'allaiter Romane dès que j'ai su que j'étais enceinte, c'était une évidence pour moi qui avait été biberonnée
par ma mère (tout comme avoir gardé ma fille 2 ans à la maison alors que ma mère est repartie travailler 1 semaine après ma naissance, mais c'est un autre sujet). Je me suis renseignée, surtout sur
les forums mamans natures, dans les livres (bidons) ... Personne autours de moi pour en parler. Puis romane est née, par césa si tu as suivi, et elle a tété incroyablement bien dès que j'ai pu
l'avoir sur mes seins. Puis j'ai douté, j'ai laissé les sage femme enfourner mon sein dans sa bouche. Elle devait se sentir stressée, la pauvre, car elle tetait en mordant. Au 9eme jours, je vivais
l'enfer, je pleurais en tapant du pied pendant la tétée. Un docteur qui me prescrit de quoi à arrêter. Des pleurs car c'est si court 9 mois. 1er biberon à 9 jours, ma fille s'étouffe, elle a les
yeux écarquillés, affolés. C'est tellement violent après avoir connu la douceur de ses regards pendant qu'elle buvait... Je n'ai pas pu me résoudre : association sur l'allaitement, contact de
mamans allaitantes, conseils, séances chez l'ostéo ... 3 semaines de souffrance et de ténacité. Puis une rencontre, celle d'une sage femme incroyable qui nous a sauvé. Le secret qu'elle m'a donné,
je le crie a qui veut l'entendre : laisser le nourrisson trouvait SEUL le sein. Lui seul SAIT comment faire et faire bien. Romane a mis 15 minutes, rouge comme une sportive, a grimpé comme elle le
pouvait sur mon ventre rejoindre le sein. Bouche grande ouverte. Et j'ai compris : quand les sage femme de la maternité lui enfournaient le sein dans la bouche, elle ouvrait à peine, machoire
serrée. Allaitement sauvé. Que du bonheur !!! Et de là, je n'ai jamais laissé personne dire le moindre mot, j'étais convaincue, je n'essayais de convaincre personne, mais je ne laissait personne
dire quoique ce soit. Doucement j'expliquais "non, il s'agit juste d'un pic, c'est normal, bébé demande plus car il grandit plus", "oui, j'allaite encore, elle a 9 mois, 1 an et plus". J'ai fait
attention de ne pas me montrer parce que je peux comprendre que les hommes comme les femmes soient génées. Pourquoi ne pas respecter, pourquoi provoquer les uns et les autres ? J'allais dans une
pièce, ça ne dérangeait personne, ma fille et moi nous regardions sans personne pour nous interrompre, nous ne mettions mal à l'aise personne. Elle a marché, elle a parlé. Elle tétait dans des
positions trop droles ! Puis a 13 mois, j'ai décidé qu'il était temps. Je voulais soigner mes douleurs musculaires / articulaires et la prise d'anti inflammatoire était devenue vitale (tendinite de
la maman, mal au dos de celle qui porte ...). Puis mon mari m'avait demandé d'arrêter. C'est une décision de couple aussi, l'allaitement. Il a fallu une dizaine de jours pour passer à autre chose.
Mon allaitement c'est fini dans un feu d'artifice, des jets de lait dans la baignoire, pour les vider. Mes seins sont passés à autre chose en douceur.
Bouh, je t'ai raconté ma vie ce soir !!!

Itmapie 08/02/2013 08:54



Merci pour ce partage, un parcours difficile mais si joli

maternerentravaillant 28/01/2013 15:11

Très très vrai tout ça. Les périodes de doute au début, la douleur des crevasses, se dire qu'on va arrêter dans deux mois, puis à six mois, et puis ça continue toujours...

J'ai récemment lu "Le problème avec l'allaitement" de James Akré, qui a travaillé à l'OMS sur les questions d'alimentation et est très pro-allaitement. Comme il le dit, le lait infantile n'est pas
"le meilleur lait après le vôtre", c'est le moins mauvais, et encore après "votre lait donné à la tasse ou au biberon, et après le lait maternel récupéré auprès d'un lactarium". Le lait infantile
ne devrait être utilisé que dans l'impossibilité de donner le lait humain, qui seul peut apporter à un petit humain ce dont il a besoin pour croître en tant qu'humain. Les veaux ont besoin de
gagner des dizaines de kilos en un an, et peu de neurones, et peu d'acuité visuelle ; on peut toujours enrichir le lait de vache, il reste du lait de vache ; la vache ne mange que de l'herbe (ah
non pardon, elle mange aussi des farines animales parfois...), ce qui ne gêne pas son petit puisque le veau mangera aussi uniquement de l'herbe, tandis que le petit humain a besoin de diversifier
son palais puisqu'il sera omnivore.
Bref, le lait infantile, ce ne devrait être que du dépannage quand les mères ne peuvent pas allaiter. Mais effectivement, ça devient une drogue, puisqu'une fois que bébé y a goûté, il ne peut plus
s'en passer... vu que maman aurait besoin de beaucoup d'efforts pour arriver à une relactation.
Mais dire à une maman que son lait n'est pas assez nourrissant et qu'il faut qu'elle passe au lait infantile, c'est tellement faux.

Pour conclure, j'ai dépassé les trente ans depuis belle lurette, j'ai plus que le bac et je suis cadre, mais j'ai eu les mêmes difficultés d'allaitement, y'a pas de classe sociale qui tienne quand
on choisit d'allaiter et qu'on est isolée. Alors vive internet, la leche league, les forums d'allaitantes, et les quelques copines qui ont eu, avant nous, le courage d'allaiter longtemps, sans
forcément le dire.

Et merci pour ce billet si juste.

Pour les mamans qui ne parviennent pas à allaiter, il y a une autre solution que le lait infantile, une solution fondée sur la solidarité : les lactarium, ou la récupération du lait d'une maman
allaitante (qu'on connaît, c'est mieux) prête à tirer un peu plus pour qu'un petit bout ait du lait maternel.

lounaduvar 23/12/2012 21:36

bonsoir
j'allaite toujours ma fille qui a eu 3 ans en Aout et j'en entend pas mal heureusement mon conjoint l'accepte et le pediatre me soutient surtout que les 2 premiers mois elle a du prendre le biberon
n'arrivant pas a teter .....un miracle d'avoir pu la sevrer du biberon a 2 mois mais je bretonne tetue aussi , bonne continuation

lili le zombi 23/12/2012 10:56

très vrai, chaque mot écrit ici auraient pu sortir de ma bouche tellement j'en pense de même.
quand au marketing agressif de Nesthlé en Afrique, c'est même pire que ca. ils rendent les mères dépendante au lait en poudre en leur offrant au début pour contrer la monté de lait, puis ca devient
hors de prix et des millier de bébés meurent soit de famine car la mère n'arrive pas à payer, soit de diarrhée à cause du manque d'eau potable.voilà une très courtes histoire qui résume ce qu'elles
vivent : lili-materne.over-blog.com/article-petite-ourson-tueur-108584186.htlm