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« Tu aurais dû naître avec une paire de couilles ! »

Ma chère fille,

 

En cette veille du 8 mars, veille de la journée des droits de la femme, j’avais envie de raconter mon féminisme.

Je suis née dans les années 80, quelques mois avant que Cookies Dingler ne soit numéro 1 du top 50 avec son célèbre tube « femme libérée », tube qui bercera mon enfance, mon adolescence et mes premiers pas de dame dans ce monde complétement fou !

C’est bête, mais à force de chanter cette chanson, je croyais que j’étais libre, enfin que j’étais une femme libérée… Douce utopie…

Pourtant tous, mais alors tous, les endroits où j’ai évolué en tant qu’enfant me plaçait sur un pied d’égalité face aux garçons. Je ne sentais pas cette différence d’égalité des sexes ! Des fois, il y avait des garçons qui disaient qu’on était des chochottes ou que le foot c’était pas pour les filles… Ils ne le disaient pas deux fois ! Et encore moins quand Mélanie et moi mettions des buts en cours de récré !

Ce qualificatif de « femme libérée » me donnait une impression de force incroyable !

 

Les années ont passées…

 

Je suis devenue femme. Mère.

Ma liberté s’est envolée.

 

On dirait que cette liberté des femmes fait peur.

 

En fait, je crois que c’est comme ça depuis trop longtemps…

La société change, mais juste en façade. Sur le papier, tout semble idéal mais dans la vrai vie… ?

Dans la vie, dans les maisons, dans les entreprises, dans la rues, partout où tu mets les pieds en tant que femme, que tu sois célibataires, mariées, avec ou sans gosses, tu es mise à ta place de bonne femme. Rien n’est franc, tout est mesquin. Ça passe par un regard, un chuchotement, une attitude, mais il y a toujours ce lourd poids du patriarcat qui nous remet discrètement à cette place d’idiote volage !

 

Tu sais ma grand-mère n’a pas eu le droit de passer son permis ni s’ouvrir son propre compte en banque ! Ouais, ouais ! 

Tu sais que ma grand-mère s’est battue, discrètement, pour que sa fille ne soit pas victime de l’idiotie de ces hommes qui pensaient qu’une femme qui conduit est une femme libre, donc volage.

Je me souviens de ma mère en colère, rager contre ces imbéciles aux dires discriminatoires !

Je crois que j’ai chopper le virus au vol ! Cette colère de me battre pour être une femme libérée !

 

Ça soule ton père, d’ailleurs il n’aime pas que je lui fasse remarquer une attitude un peu trop issue des années 50, où il va me prendre un peu trop pour sa mère/sa boniche/sa chose (rayer la mention inutile) ! Ça le soule mais il m’entend. Il se rend compte de ces petites attitudes du quotidien qui ne sont pas respectueuses de l’être que je suis. Parfois, en déconnant, il me sort :

« Tu aurais dû naitre avec une paire de couilles, toi ! »

Ça me fait rire…  Jaune !

 

Non, je n’aurai pas voulu naitre homme.

J’aime être une femme.

Mais je n’aime pas être obligée d’obéir à des règles dépassées !

Je n’aime ni les cadres ni les normes, alors me demander de correspondre à une image que la société veut se faire de la femme, c’est trop pour moi !

Puis imagine la violence du truc… Je me suis détachée de l’éducation traditionnelle qui met des enfants dans des cases façonnées par les parents, histoires que ces derniers soit satisfait de présenter de bons enfants en société. J’ai mis quelques années et une hypnothérapie pour sortir de la case de la « petite Marie toute douce bonne à marier », alors me forcer à rentrer dans la case de la femme parfaite qui correspond à l’image d’une société… NON ! NON ! NON et NON !

 

Je veux être libre de m’habiller comme bon me semble sans pour autant qu’on me mette dans la case « salope » si je porte une jupe courte ou dans la case « négligée » si je sors en jogging.

Je suis une femme qui a envie de s’amuser à s’habiller selon son envie, son humeur ou le temps qu’il fait.

 

Je veux être libre d’allaiter partout, tout le temps, comme mon bébé a besoin sans qu’on me regarde du coin de l’œil, qu’on m’insulte où qu’on me dise de me cacher.

Je suis une femme qui a envie d’être une mère nourrissant son petit comme la nature l’a prévu, sans me cacher ou sans que cet acte soit sanctifié et relégué aux 4 murs de ma maison ou aux toilettes d’un resto.

 

Je veux être libre que mon espace personnel soit respecté autant par les hommes que je croise dans la rue que par mon mari qui n’a pas à me toucher les fesses sans mon accord.

Je suis une femme, un être humain, qui doit être respectée. Point. Respectée comme n’importe quel être humain sur cette terre quelque soit la condition de mon interlocuteur.

 

Je veux être libre de sortir à n’importe quelle heure sans avoir peur qu’un malade me saute dessus au coin d’une rue ou derrière un buisson.

Je suis une femme qui aime la nuit et la solitude, je n’ai pas à visiter que des lieux où on assurera ma sécurité sous prétexte qu’il ne faut pas tenter le diable.

 

Je veux être libre de devenir mère quand bon me semble sans pour autant être bourrée d’hormones ou fustigée en cas d’avortement.

Je suis une femme qui a appris à connaitre son corps et qui souhaite vivre pleinement cette magie cyclique qui évolue au même rythme que la lune sans être prise pour une folle ou une imbécile.

 

Je veux être libre d’avoir autant d’enfants que je le veux et de pouvoir exercer le métier qui me plait sans qu’on me dise que je ne suis plus compatible ou périmée, et que ma place est à la cuisine.

Je suis une femme qui a choisi d’avoir trois enfants ( et peut être même plus !) et qui aimerait bosser autrement qu’à mi-temps pour un job alimentaire et un salaire au ras des pâquerettes.

 

Je veux être libre de choisir ma vie sans avoir à me sacrifier parce que c’est comme ça et pas autrement !

Je suis une femme, avec ses rêves et ses envies, qui souhaite vivre sa vie ! C’est si précieux la vie.

Je suis née femme.

J’aime mon corps pour ce qu’il est et pour ce qu’il fait.

J’aime mes seins pour leur pouvoir lactée et leur jolie courbe.

J’ai aimé porter la vie. J’ai aimé accoucher.

J’aime être mère.

J’aime être amante.

J’aime être une femme.

 

Ma fille, je voudrai terminer en te disant un secret.

Tu es merveilleuse.

Tu es toi et tu dois vivre comme tu le sens.

Rien ne doit jamais t’arrêter, rien !

Surtout pas le fait d’avoir des seins, un cul et des ovaires qui fonctionnent !

 

Le combat n’est pas fini pour les femmes. Rien n’est acquis !

Nous sommes en France, on me dira que j’ai de la chance que ma fille ne soit pas mariée de force l’année prochaine et qu’elle aille à l’école. Certes. Mais il y a encore du boulot pour vivre loin de la domination patriarcale des siècles passés. On a beau, en France, avancer sur le chemin de l’égalité des sexes mais ce n’est pas pour autant que les mentalités évoluent au même rythme que les lois !

 

Voilà. 2017.

Les droits des femmes sont fragiles. Ils seront une bataille pour encore bien des générations, ma fille.

Mais j’ai espoir que ça évolue vite.

En tout cas, je ne cesserai jamais de me battre pour être une femme libre de ses choix ; je le fais pour moi mais aussi pour toi ma très chère fille.

Je souhaite qu’on jour, ma fille, tu puisses être une vraie femme libérée, pour de vrai, du carcan patriarcal français.

 

 

Et s’il te plait, Chéri,

ne m’offre pas de fleurs demain !

 

« Tu aurais dû naître avec une paire de couilles ! »
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À propos

Marie

Maman de trois enfants {I. 6 ans, M. 3 ans, E. 18 mois } passionnée par l'éducation positive et respectueuse, je partage ici mon quotidien de bretonne sur le chemin de la non violence éducative. Vous y trouverez aussi tous plein de petits bonheurs, mes coups de cœur et tout ce qui ponctue mon quot
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Angeline 14/03/2017 21:55

j'aime me promener ici. un bel univers.

Marie 15/03/2017 10:11

Merci beaucoup Angeline ❤️️

Picou 07/03/2017 22:21

Juste parfait ;o) (sauf que s'il insiste, tu peux aussi accepter les fleurs!)