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Graine de Caillou

Une histoire de neurones, d'éducation et de condition de la femme

Il y a les livres… Et le quotidien.

Il y a la théorie… Et il y a la pratique.

Il y a ce que l’on souhaite… Et Il y a ce que nous sommes.

Il y a le parent que l’on souhaite être… Et celui que l’on est.

 

Quand j’ai commencé à m’intéresser à une façon alternative d’accompagner mes enfants dans leur éducation, je pensais qu’il m’aurait suffi de lâcher prise, de rigoler et de faire des câlins. Je suis du genre « quand on veut, on peut !», alors j’ai foncé, tête baissée, sur ce chemin qui semblait me promettre une vie plus sereine.

 

Je me suis trompée.

Je me suis voilée la face.

 

Je ne me suis pas trompé de chemin…

Mais j’ai cru que ça allait couler de source, vu que j’avais la volonté.

Mais je n’avais pas beaucoup d’outils.

Mais j’étais encore, un peu, une petite fille.

Je ne pensais pas que choisir d’élever mes enfants sans peur et violence me retournerait autant !

 

Il y a une chose que je ne soupçonnais pas : le besoin de remettre en question la personne que l’on est.

Je n’avais pas encore acquis que le problème ce n’était pas mes enfants, mais moi.

Oui, oui ! Le fait que la communication était quasiment rompue avec ma fille n’était pas dû au fait qu’elle n’obéissait pas, mais plutôt au fait que j’attendais et que j’exigeais des actes et des choses, qui n’étaient pas du tout en accord avec ses capacités.

Tu vois la mandale que culpabilité que je me suis prise en pleine gueule ?

Elle m’a fait mal !

Elle m’a presque mise KO. J’ai zoné à pleurer. J’étais pommé.

Bah, ouais, j’étais le parent, la toute-puissance qu’on ne contredit pas, qui décide et qui doit avoir raison. L’Autorité, bordel ! Sauf que là, plus rien ne collait !

 

Toute l’éducation que j’ai pu recevoir, de mes parents mais aussi de la société, se retrouvait remise en question. Il me fallait faire le lien entre mon passé et ce que je vivais en tant que parent. Leur en vouloir aussi, pour mieux comprendre et avancer avec mes bagages. Il m’a fallu passer du déni, à l’acceptation de ce que j’étais, pour pouvoir me remettre en question. J’ai dû prendre mes distances avec des personnes toxiques de mon entourage et accepter les différences de certains.

Il m’a fallu comprendre mon histoire et celle de mes parents…

 

Bref, quelques années que je me creuse les méninges !

 

Mais il y a une chose royale dans tout ça !

C’est que j’ai des parents vrais et droits dans leurs bottes !

Des parents avec qui j’échange librement et qui acceptent mes choix. Des fois, « à ma place » ils feraient différemment mais jamais ils ne me jugent, toujours ils m’encouragent. Mais surtout, quand il peut y avoir un désaccord, on en parle. On s’engueule mais on parle. On comprend l’autre et on finit toujours par de gros câlins ! C’est important les câlins !

Et un jour, face à eux, je me suis sentie adulte. J’avais pris une décision pour ma vie, sans que qui que ce soit ne l’approuve. Je me suis fait confiance, moi la nana qui n’osait même pas parler en soirée de peur de passer pour une imbécile…

 

 

J’ai appris à voir mes parents, non plus en tant que papa et maman mais en tant qu’homme et femme. J’ai appris de leur histoire, de leur parcours, de leur amour.

J’ai compris des choses… Plein de choses.

J’ai compris ce lien entre le sexisme, le patriarcat et l’éducation traditionnelle. Ce putain de lien qui fait que la femme est, bien souvent le parent par défaut et qu’elle ronge son frein pour permettre une ambiance sereine. Ce lien qui fait qu’au bout d’un moment les femmes se sacrifient pour le bonheur de leurs enfants, bâtissant un socle basé sur un bonheur artificiel, tout en encaissant des tonnes de colères, d’être obligée de plier pour un bonheur factice… Mais la colère faut qu’elle sorte. Hors mélangée à la fatigue, la frustration, le manque de respect et de considération, le résultat est souvent explosif ! Ça n’excuse en rien les violences éducatives qu’entraine la colère refoulée mais en prenant en compte cette différence au sein de la famille, on comprend mieux… La soumission n’a jamais réussi à personne !

 

Mais heureusement, il y a les découvertes en neuroscience qui viennent éclairer tout ça, pour nous permettre de mettre un terme à toute cette violence ambiante. Depuis 2010, on peut dire avec autant de certitudes que la terre est ronde, que nos comportements sont liés à ceux des personnes qui nous entourent.

Cherche pas, on est ce qu’on a vécu.

Ces sympathiques neurones miroirs, au quotidien, nous renvoient à ce qu’ils ont emmagasiné tout au long de notre vie. Alors, face à une situation qui nous fait ressentir une certaine émotion, que l’on nous a interdit dans le passé ou qualifié de négative, nos neurones se rattrapent à ce qu’ils connaissent et nous renvoient, comme « mode d’emplois », ce qu’ils ont pu enregistrer dans le passé.

Ça marche avec toutes nos relations, en fait !

Dans le couple, par exemple, quand arrive un enfant, la nouvelle mode est de parler de « BabyClash ». Le couple explose avec toutes les nouveautés qu’apportent un bébé. Alors il est nécessaire de se remettre en question, de revoir notre condition, d’accepter certaines « concessions » (pour ne pas dire sacrifices). On est perdu : celui ou celle que l’on a en face de nous n’est plus celui d’avant. Alors on arrondit les angles, on finit par se dire que c’est comme ça… Ou alors, on ne lâche rien et la cellule familiale explose !

Pour en revenir aux neurones miroirs : face à une situation qui déstabilise, on se rattrape à ce qu’on connait et on se fait un joli copier-coller du comportement de notre parent de même sexe tout en projetant le rôle de l’autre parent sur l’être aimé.

Voilà comment ton mec si génial est devenu un gros connard qui te prend pour sa mère, sa bonniche ou l’intendante, comme lorsqu’il était ado et qu’il attend de toi que tu fasses sans exprimer le moindre sentiment, sinon tu passes pour une gueularde… Bref, tu as la rage !

 

L’autre fois, j’avais la rage… Puis quand je suis sûre de quelques choses je ne lâche rien !

(ça me fout la haine, d’avoir des clés et qu’elles ne soient pas utilisées…)

Je parlais donc avec ma mère de cette nouvelle case dans laquelle on met les mères de 2016 : le parent par défaut.

Je lui disais « Je ne comprends pas ce délire sociétal qui fait tout reposer sur la femme, mais qui ne la respecte que quand elle fait fantasmer ; mais pas trop non plus, faut pas exagérer parce qu’après elle devient une salope ! »

Je lui disais que j’avais la rage d’avoir ce sentiment de ne pas avoir le choix : « En gros si je veux une maison rangée où ça ne crie pas, il faut que je plie ou que j’ordonne en hurlant ? Il faut que je range derrière tout le monde, tout le temps. Il faut que j’accepte d’être toujours là pour tout le monde, à accueillir tout, sans que personne ne me permette de m’exprimer (sinon, tu finiras vendeuse d’huitre à Cancale !) Il faut que je fasse ma vie en fonction de mes enfants et des besoins de mon mari en apprenant à étouffer mes émotions… »

 Je crois que je n’oublierai jamais les mots que ma maman a prononcé avec un gros tremolo dans la voix « J’ai pas vécu pour moi… »

Elle est née en 63 ! Elle a bossé toute sa vie ! Elle a sacrifié sa maternité pour le taf ! Elle a tout géré de A à Z ! Elle s’est sacrifiée alors qu’elle est censée être libre !

Mais c’est de la faute à personne. C’est comme ça… Tu sais les neurones miroirs, tout ça, tout ça !

Ce n’est pas de la faute aux mecs, non plus.

Enfin... c’est de la faute à cette société patriarcale qui a obligé la femme à fermer sa gueule pendant… Des centaines et des centaines d’années !

C’est sûr que ça fait chelou ! Mais bon va changer le monde en 48 ans !!! Chaud !

C’est comme ça, l’Humain fonctionne comme ça.

 

Mais ce n’est plus une évidence !

Grace a la neuroscience on peut comprendre et changer les choses ! On y arrive dans l’éducation, on peut très bien l’appliquer à toutes nos relations, non ?

 

En tout cas, le combat pour les femmes est loin d’être terminé… Il parait qu’il faut trois générations pour que le changement devienne une normalité…

 

Vous savez quoi les meufs, on a la possibilité de changer les choses ! Il nous suffit d’intégrer le fonctionnement des neurones miroirs à notre quotidien.

Comment ?

On regarde ce qu’on est, ce qu’on veut.

On arrête d’attendre que les autres changent et on se remet en question.

On cultive l’empathie, la communication positive et l’écoute !

Et surtout, les meufs, on arrête de stresser parce qu’on a pas préparé à bouffer pour notre mec à 20h, on exprime ce qu’on ressent surtout quand on est en colère mais de façon bienveillante (si si la colère peut être bienveillante et constructive, parole de moi !), on arrête de se faire passer après tout le monde, on ne reste pas en couple à chialer en cachette, parce que c’est difficile, mais que pour la maison et les enfants, on fait un effort (V’là l’effort quand même ! Tu sacrifies ta vie, quoi ! Parce que bon, attendre que ses gosses aient 30 balais pour vivre… Excuse-moi, mais c’est pas une vie ! Liberté !), On montre à nos fils et à nos filles que NON, dans la vie on ne se soumet pas, on cultive l’empathie même dans le couple, on apprend à communiquer de façon positive et on respecte les autres (qu’ils soient clients, vieux, jeune, femme, étrangers où amis) autant que l’environnement.

Et surtout, surtout, on assimile que rien ne nous appartient, que rien n’est acquis (tout particulièrement les enfants et conjoint/e)

 

Le reste, c’est pour les neurones miroirs, car une fois adulte, ton enfant agira en ayant acquis le respect, l’empathie et la communication, en se servant inconsciemment de ses neurones miroirs…

Ta fille continuera ce combat pour les femmes qui est loin d’être fini.

Ton fils sera respect, empathie et communication. Il permettra une petite avancé pour ses sœurs.

 

Allez, un jour les choses évolueront…

 

 

Et si on finissait en chanson ?

Yoanna - Toutes des salopes

Éduque toi toi même !

Éduque toi toi même !

Je ne retrouve pas l'auteur de l'illustration... Si vous le connaissez, je veux bien un lien :)

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pauline 15/11/2016 09:50

Merci pour ton article, je suis complétement perdue en ce moment dans mon rôle de femme et de maman, prête à tout casser pour un autre, ça me permet de prendre un peu de recul.

Calouve 14/11/2016 19:28

J'adore ton article! Il me fait un bien fou! Alors merci, et bravo! :)