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Quand c'est la mega crise

Certains appelle ça "caprice", "cinéma" ou encore "crise".

 

Dans la vie de tous les jours, on te dira que c'est normal, qu'il te teste.

 

On te dira de ne surtout pas lâcher, de ne surtout pas céder ! C'est que c'est toi le parent, la haute autorité, la toute-puissance... Que si tu lâches, si tu cèdes, tu vas t'en bouffer les doigts !

C'est sûr, il va prendre le dessus sur toi !

C'est sûr, son but ultime de petit enfant de deux ans et demi est de t'écraser, de gagner !

 

 

Ici, on appelle ça une tempête émotionnelle.

Quoique le terme de tsunamis soit, peut être, plus approprié (histoire de visualisation, tout ça).

 

Quand l'enfant pleure, d'une façon que certains qualifieront "d’exagérée", comme lorsque tu lui donnes sa pomme coupée alors qu'il la voulait entière ; quand il se met à pleurer toutes les larmes de son corps comme s'il avait perdu père et mère et qu'en plus on venait de lui couper un bras.

C'est donc de cet instant que je veux te parler...

 

 

Déjà, on va commencer par mettre un coup de balais sur les croyances freudiennes qui hantent nos cœurs de parents.

On vire les certitudes ancestrales en matière d'éducation et on observe notre amour de notre vie...

 

 

Ce petit être, encore bien loin de la majorité, pleure.

 

Toi, ça te soûle. Bah, ouais, on n'a pas idée de pleurer pour une connerie pareil ! Pleurer pour une pomme présentée d'une façon différente, c'est vraiment exagéré !

Ça t énerve qu'il ne s'arrête pas, mais de toute façon tu n'interviendras que pour lui dire :

 

"c'est pas grave, entière ou en morceaux, c'est la même chose ! Arrête de pleurer pour ça !"

Quand tu fais ça, tu nies l'émotion de ton enfant (bouhouhou, je culpabilise !), tu lui demandes d’enfouir tout ce qu'il a à exprimer au fond de lui sans même lui permettre de comprendre ce qui se passe, alors qu'il est submergé par les pleurs.

 

 

Mais tu ne céderas pas sinon, c'est foutu...

 

 

 

Petite explication de l'état de colère dans le cerveau du jeune enfant :

Son cerveau, encore totalement immature, est composé de plusieurs parties (tout comme le tient) qui sont, encore, loin d'être hyper connectées. Le jeune cerveau fonctionne de façon primaire, les différentes parties intervenant dans la maîtrise des émotions ne fonctionnent pas encore assez ; pour reprendre les termes de Dr Catherine GueGuen ce sont les "conséquences de l'immaturité du cortex préfrontal et des circuits limbiques. Le cerveau supérieur n'est pas assez développé pour pouvoir gérer de tels orages émotionnels. [... Ils ne sont pas encore capables de prendre du recul, de réfléchir, d'analyser la situation"

Je crois qu'on ne peut pas faire plus clair.

 

Il ne s'agit pas d'un délire "New age". Non. Il s'agit de rapport d'études scientifiques que Freud n'aurait pu faire à l'époque sans IRM et autres outils permettant d'étudier le fonctionnement du corps humain.

Ce n'est pas n'importe quoi, c'est scientifique : le petit d'homme naît avec un cerveau immature.

 

 

 

C'est là qu'on intervient, nous, parents.

Mais on n'intervient pas en stoppant, criant, arrêtant. Surtout pas !

On utilise tout notre amour pour lui apprendre à comprendre et à gérer cette tempête émotionnelle qui vient de retourner tout son être.

 

Mais comment qu'on fait quand ça nous met en colère et qu'on se retrouve nous aussi, finalement, submergé par une émotion qu'on ne sait pas plus gérer que lui (bah, oui, parce que toi aussi, on t'a demandé de nier tes émotions depuis tout petit.) 

 

 

Alors on souffle un bon coup, en respirant par le nombril.

 

On se met au niveau de l'enfant pour pouvoir établir un contact, qui peut passer, au début, que par le regard ou la parole.

 

On met des mots sur ce que l'on voit :

"Je vois que tu pleures. Tu as l'aire en colère."

Ainsi on permet à l'enfant de mettre des mots sur ce qui se passe, de comprendre, un peu, son bouleversement. On lui montre qu'on est là, qu'il peut avoir confiance, qu'on va l'aider à apprivoiser ce corps qui explose sous une tempête émotionnelle.

 

En tant qu'adulte au cerveau mature (certes un peu abîmé, mais mature), on met des mots sur la situation :

"J'ai coupé ta pomme. Peut-être voulais-tu la manger en entier ?".

Et surtout, en tant qu'adulte, on prend du recule sur la situation et on permet à notre enfant d'avoir le droit de faire des choix, si minimes soit-il, parce que c'est un premier pas dans la construction de sa personnalité : être libre de choisir.

 

On peut s'excuser, aussi.

 

On peut lui dire qu'on le comprend.

 

On peut lui expliquer qu'on préfère lui donner en morceaux parce que ça nous semble plus facile à prendre et à manger pour lui. Mais que s'il a envie de la manger en entier et bien la prochaine fois on en prendra compte et on ne la coupera pas.

 

Puis on peut finir par un câlin.

(Le câlin permet de stimuler l'ocytocine, l'hormone de l'amour... Huhuhu)

 

 

Et BAM !!!

Magie, magie, magie...

Ton petit amour mange sa pomme sans être passé par un méga conflit intergénérationnel qui en plus aurait pu le dégoutter des pommes !

 

Par contre, on tient parole, hein ! Parce que le petit, lui, il nous fait confiance et si on le baratine, il va bien vite comprendre et ne nous fera plus confiance...

 

 

 

Et quand les mots ne suffisent pas ?

On ne punit pas. On remplace par le câlin tout en n'oubliant pas que ce n'est pas volontaire, qu'il n'est que "victime" de son cerveau immature qui, dans l'instant le fait souffrir.

 

 

Et s'il tape, mord ou crache ?

On lui dit que c'est impossible de cracher, taper ou mordre mais qu'il peut être en colère et on l'accompagne dans son expression, mais de façon à le protéger, jusqu'à la fin de la tempête. 

Tu verras que ton petit finira par s'abandonner dans tes bras, soulagé d'avoir été accompagné avec amour et empathie.

Alors son regard te remerciera d'avoir été là pour le guider dans cette tempête.

 

 

 

Pour une éducation respectueuse <3

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Virginie 19/04/2016 20:44

J aime beaucoup cet article... a lire avant mais aussi au moment ou parfois on est davantage fatigués nous parents pour nous rappeler qu il faut toujours prendre du recul et ne pas s enerver betement pour des broutilles...

Sara 14/03/2016 15:18

C'est très intéressant à lire, je travaille également sur les émotions débordantes avec mon grand de 4ans et demi, et ça m'a donné des pistes pour la façon d'aborder et d'accueillir ce "tsunami"! Mais avec la fatigue (mon plus petit de 21mois a gérer également, allaitement, nuit coupé bref... dur dur :) mais ça va le faire)
Merci :) (je viens de découvrir votre page et c'est vraiment très enrichissant !!!)

équitable35 13/02/2016 14:52

C'est sûr, que l'important c'est de pouvoir canaliser toutes les émotions de l'enfant, de l'aider. Mais pour les parents aussi, ce n'est pas si simple. Les enfants sont entiers et pleins d'amour. Mais parfois, ils nous fatiguent aussi.

Lauriane 28/01/2016 13:59

Mon bébé Koala nous fait des tempetes emotionnelles terribles depuis tout bébé, c'est impressionant ! Ca ne dure pas, on les accueille, mais c'est émotionnellement fatiguant, surtout quand ca arrive apres ta journée, et que le grand reclame de l'attention aussi... Il comprend que son moment viendra apres, mais je pense qu'il doit souffrir un peu de toujours passer second dans ces cas la...

Laurence apasdeloustics 22/01/2016 10:49

J'ai beaucoup aimé ton article, il va m'aider je pense !!!
Je relisais justement un article que j'avais écrit il y a un an sur l'autorité parentale, comment c'était chez les autres ! J'ai encore du boulot avec mon plus grand !